Le troisième Grand Chelem de la saison a vu, au terme de la quinzaine, deux nouvelles têtes être couronnées sur le Center Court après un tournoi qui aura réservé quelques surprises. Chez les femmes, c’est la Tchèque Marketa Vondrousova qui a remporté son premier Grand Chelem, après s’être incliné en finale de Roland Garros en 2019. Chez les hommes, c’est l’Espagnol Carlos Alcaraz qui, après avoir remporté l’US Open l’année dernière, s’offre un deuxième Grand Chelem, et solidifie au passage, sa place de numéro un mondial.
Les enjeux étaient différents dans les deux tableaux, mais le résultat est le même, c’est-à-dire un certain bouleversement de la hiérarchie mondiale depuis le début de l’année. Alors que chez les hommes, Novak Djokovic avait remporté les deux premiers Grand Chelem de l’année, (et qu’on voyait mal qui pourrait l’arrêter sur son gazon chéri), chez les femmes, on imaginait déjà un duel Swiatek-Sabalenka pour le reste de la saison. Mais deux trouble-fête sont venus mettre à mal ces constats.
Une reine enfin sacrée
Marketa Vondrousova n’a que 24 ans, mais elle donne la sensation d’être sur le circuit depuis plus d’une décennie (professionnelle depuis 2015). Sauf que jusqu’ici, ses espoirs de titre majeur s’étaient heurtés à de cruelles défaites. En 2019, elle parvient jusqu’en finale de Roland Garros, mais s’incline face à Ashleigh Barty. Elle ne fera ensuite pas mieux que des huitièmes de finale en Grand Chelem.
En 2021, Vondrousova effectue une nouvelle percée sur la scène internationale en arrivant jusqu’en finale du simple dames aux JO de Tokyo, mais s’incline face à Belinda Bencic. Capable de fulgurances jusqu’au plus haut niveau de son sport, la Tchèque aura donc attendu ce samedi 15 juillet pour confirmer son potentiel, en s’imposant en finale de Wimbledon face à la Tunisienne Ons Jabeur, pourtant annoncée comme la favorite de cette rencontre.

Mais en s’offrant quatre têtes de série (dont la numéro 4 mondiale Jessica Pegula) sur son chemin vers la finale, ainsi que la revenante Elina Svitolina en demi-finale, tombeuse de la numéro un mondiale Iga Swiatek au tour précédent, Vondrousova est arrivée face à Jabeur avec un capital confiance des plus conséquents. Pourtant, en face, la Tunisienne a aussi réalisé un magnifique parcours, sortant notamment la tenante du titre et numéro 3 mondiale Elena Rybakina, et la numéro 2 mondiale Aryna Sabalenka.
Cela n’a pas suffi à la ministre du sourire pour s’imposer en finale. C’est la troisième finale du Grand Chelem disputée par Ons Jabeur, la troisième perdue pour elle. De l’autre côté, Marketa Vondrousova devient la première femme à remporter Wimbledon dans l’ère Open sans être tête de série. Lundi 17 juillet, elle pointe désormais à la dixième place mondiale, son meilleur classement en carrière.
La passation de pouvoir
Chez les hommes, difficile de ne pas donner Novak Djokovic vainqueur du tournoi avant que celui-ci ne débute. Quadruple tenant du titre, invaincu sur le Center Court depuis 10 ans et sa seule défaite en finale du tournoi londonien en 2013 face à Andy Murray, le Serbe avait des allures de seul concurrent à sa succession. C’était sans compter sur Carlos Alcaraz, qui devient, petit à petit son plus grand rival et successeur désigné au sommet du tennis mondial.
Sans grande expérience sur gazon, l’Espagnol n’a pourtant lâché que deux sets sur son chemin pour la finale (contre Jarry et Berrettini), et n’a pas tremblé ni pour éliminer Holger Rune, ni pour éliminer Daniil Medvedev. Même chose côté Djokovic, qui n’a perdu que deux sets en chemin (contre Rublev et Hurkacz), et s’est défait sans souci de Wawrinka et Sinner. La finale rêvée a ainsi eu lieu pour le public, mais a aussi montré que, pour le moment, Alcaraz reste le seul de la Next Gen à pouvoir embêter Djokovic sur n’importe quelle surface.

Les enjeux étaient énormes pour ce troisième affrontement entre les deux joueurs. Outre l’extension de sa série d’invincibilité à Wimbledon, Djokovic pouvait égaliser le record de titres du tournoi londonien remportés détenu par Roger Federer (8) et le record de Grand Chelem remportés, détenu par Margaret Smith Court (24). La place de numéro un mondial, détenue par Carlos Alcaraz, était aussi remise en jeu. En face, Alcaraz avait l’occasion d’empêcher tous ces records, remporter son deuxième Grand Chelem, et consolider sa place de numéro un mondial.
Au terme d’une rencontre impressionnante en niveau de jeu et en intensité physique, c’est Djokovic qui fini par craquer (physiquement du moins), et Alcaraz termine le travail. Il consolide sa place sur le trône du tennis mondial, devient le premier joueur à remporter Wimbledon à ne pas s’appeler Djokovic, Federer, Nadal ou Murray depuis 2003, remporte son deuxième titre du Grand Chelem et empêche le Serbe de prétendre au Grand Chelem calendaire. Tout ça à 20 ans. La jeunesse semble avoir pris le pouvoir du côté de Londres, et s’affirme de plus en plus sur la scène mondiale, pour enfin prendre la suite des légendes vivantes du tennis.






Laisser un commentaire