L’équipe de France de volley a terminé samedi son parcours à l’euro de volley, avec une défaite en petite finale face à la Slovénie, synonymes de retour à la maison sans médaille. Malgré l’objectif fixé de la demi-finale atteint, cette quatrième place laisse un goût amer pour nos Bleus qui n’ont jamais vraiment réussi à retrouver leur meilleur niveau durant cet Euro. À un an des JO de Paris où les Bleus défendront leur titre olympique, l’heure est à la réflexion.

Une qualification sans la manière

Placée dans la poule D pour la première phase de ce championnat d’Europe, l’Équipe de France avait hérité d’un groupe facile qu’elle composait avec le Portugal, la Roumanie, Israël, la Grèce, et la Turquie. En effet, aucune de ces 5 nations ne figurait dans le top 10 du classement mondial FIVB. Dès ses 3 premiers matchs, la France assume son statut de grand favori de la poule en battant successivement la Turquie, le Portugal, et Israël. Sur le papier, les résultats sont là, mais dans le contenu des matchs, les Bleus ne rassurent pas et semblent encore loin de leur meilleur niveau, comme en témoigne ce set perdu face à la modeste équipe du Portugal, 27ème nation mondiale. Ensuite, un peu moins de 48h après la victoire 3-0 face à Israël, le sélectionneur des Bleus Andrea Giani décide de faire tourner sa composition de départ pour affronter la Roumanie, afin de préserver et de faire récupérer ses cadres, comme Barthélémy Chinenyeze ou encore Jean Patry. Avec une équipe légèrement remaniée, l’Équipe de France concède la défaite, ce qui sonne comme un avertissement pour des Bleus qui n’ont pas encore retrouvé le brin de folie dans leur jeu qui les caractérise tant, et qui leur a permis de remporter le titre olympique à Tokyo. Mais le lendemain, les Bleus réagissent bien et terminent leur dernier match de poule sur une bonne note avec une victoire 3-0 face à la Grèce.

Les Bleus se sont rassurés lors de leurs victoires lors du dernier match de poule face à Israël. Credit Photo: CEV

Une élimination logique en demi-finale

Après avoir donc fini première de son groupe, la France entame la phase d’élimination directe avec un 1/8ème de final piège face à la Bulgarie qui joue à domicile. Après un match totalement maîtrisé (25-21; 25-21; 25-15) les Bleus se qualifient et rejoignent les quarts de finale. Ce match et cette victoire 3 sets à 0 est en quelque sorte le match de la rédemption pour les Bleus, qui, bien aidés par un excellent Barthélémy Chinenyeze (13 points), retrouvent un allant collectif et retrouve cette joie de jouer en équipe en prenant du plaisir sur le terrain. Earvin Ngapeth déclare en fin de match : « On s’est beaucoup parlé après la première phase. On commençait à douter et on sait qu’on est moins bons dans ces cas-là, on est meilleurs quand on s’amuse et qu’on essaie de mettre le feu au match. » Après cette belle victoire collective, les Bleus retrouvaient la Roumanie en quart de finale. Au terme d’un match maîtrisé et d’une belle bataille en fin de 3ème set, l’Équipe de France a sa revanche et prend rendez avec l’Italie pour une demi-finale de choc dans une ambiance bouillante à Rome. Avec un jour de récupération de plus que les Italiens, les Bleus partent avec un léger avantage sur le plan physique. Mais face à une équipe d’Italie qui évolue à un niveau exceptionnel, les Bleus sombrent. Le superbe bras gauche du pointu Yuri Romano auteur de 15 points fait très mal à la ligne de défense française, et les réceptionneurs/attaquants Bleus ne trouvent pas la solution face à un bloc italien bien en place. Et malgré une belle remontée au score à la fin du 3ème set, les Français finissent par s’incliner logiquement (25-21; 25-19; 25-23). 2 jours plus tard dans le match pour la médaille de Bronze, les Bleus ne déméritent pas et arrachent un 5ème set porté par un Ngapeth (18 points) qui retrouve des couleurs. Mais cela ne suffit pas pour nos Bleus qui s’inclinent finalement dans le tie-break (11-15) et rentre bredouille d’Italie avec la médaille en chocolat.

Antoine Brizard consolé par son coéquipier en club Yuri Romano après la défaite face à l’Italie en demi-finale. Crédit photo: CEV.

Les enseignements à tirer à un an des JO de Paris

La VNL en début d’été et ce championnat d’Europe qui vient de s’achever ont permis de faire un bilan du niveau réel de l’Équipe de France, à un an de la remise de son titre olympique en jeu chez elle, en France. Comme point positif de l’été vient d’abord l’éclosion au plus haut niveau du réceptionneur attaquant de l’Équipe de France Timothée Carle (27 ans). Rappelé en Bleus après plus de 3 ans d’absence, le joueur du Berlin Recycling qui a souvent été gêné par les blessures, a pu montrer la pleine mesure de son talent lors de cet euro, où il a terminé 2ème meilleur marqueur de l’équipe sur la compétition avec 72 points inscrits. Bien qu’il lui reste encore des progrès à faire en réception et en défense, son profil d’attaquant puissant offre une option intéressante de plus pour les JO, à son sélectionneur Andrea Giani. Positivement, il faut également retenir de cet euro la constance et la régularité d’Antoine Brizard à la passe, et le niveau de Barthélémy Chinenyeze qui s’affirme aujourd’hui comme un des tout meilleurs centraux offensif de la planète ( meilleur marqueur français de la compétition avec 75 points). Mais malgré ces quelques points positifs à tirer de cet euro, l’impression générale collective laissée par l’Équipe de France tout du long de la compétition est légèrement inquiétante. C’est comme si les Bleus avaient cherché sans retrouver tout au long de la compétition leur force collective qui les caractérise tant, qui leur permets de prendre confiance individuellement pour ensuite pouvoir enflammer les matchs comme ils savent si bien le faire. Et cette flamme à rallumer d’ici un an devra passer par le retour à son meilleur niveau de la superstar Earvin Ngapeth. De retour de blessure et malgré du mieux en fin de tournoi, Ngapeth n’a pas été en capacité d’être l’atout n°1 des Bleus à l’attaque dans cette compétition, comme il l’est habituellement depuis maintenant de nombreuses années en Équipe de France. Les chantiers sont donc nombreux pour nos Bleus à un an des Jeux et le capitaine Benjamin Toniutti concluait samedi :  » Individuellement, il faut qu’on sache ce qui a péché, faire un état des lieux. Et collectivement, il faudra mieux jouer. C’est cette réaction qu’on doit avoir dans l’année ».

Les Bleus auront besoin d’un Ngapeth en grande forme aux JO de Paris. Crédit Photo : Maxppp – LUIGI MARIANI
Crédit photo : GETTY IMAGES
Colin Van Hille

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