Après le match nul face au PSV Eindhoven mardi (1-1), Lens est deuxième et seul invaincu de sa poule avec une avance de trois points sur le troisième. A mi-chemin, les Sang et Or se donnent le droit de rêver à une prolongation de leur idylle sur la plus prestigieuse des scènes européennes.
Si Lens ne réalise pas un début de saison idéal en Ligue 1, avec seulement trois victoires en dix journées, le club artésien est le moins que l’on puisse dire au rendez-vous en Ligue des Champions. En trois matchs, les Lensois ont empoché cinq points après deux matchs nuls de caractère, contre Séville et Eindhoven, et surtout, une victoire sensationnelle déjà historique face à Arsenal (2-1). Ces performances permettent au vice-champion français de terminer cette phase aller avec le sentiment du travail accompli et l’espoir d’atteindre, pour la première fois de son histoire, les huitièmes de finale de la compétition.
A la découverte de l’Europe
Sur le papier, l’effectif lensois est loin d’être le mieux taillé pour la compétition. Pour principale cause, l’inexpérience. Lors du premier match de groupe, la quasi-totalité des Sang et Or plongeait dans l’inconnu ; seul Nampalys Mendy, arrivé cet été, avait déjà connu avant cette rencontre l’ambiance des grands soirs. Et à son actif, le milieu de terrain ne comptait qu’un seul petit match en Ligue des Champions, disputé il y a sept ans avec son ancien club Leicester.
Tous ses coéquipiers ont donc effectué leur baptême étoilé. Un baptême d’autant plus inespéré pour certains, dont Sotoca et Gradit. Ces deux cadres de l’équipe lensoise ont connu le monde amateur, en National 2 (4ème division), et ont surtout grandement participé à l’ascension du Racing qui, lorsqu’ils arrivent en 2019, n’est alors qu’un club de milieu de tableau en Ligue 2. Pour les deux français, ces premiers matchs de Ligue des Champions ont donc eu une saveur toute particulière. Jonathan Gradit, surnommé « la perceuse » par les supporters, a déclaré avec émotion dans le magazine Onze Mondial : « ç’a été magique. On s’est regardés et on s’est dit : On y est vraiment quoi. ». Le 20 septembre dernier, c’est donc toute une équipe et son entraîneur Franck Haise qui ont découvert la plus merveilleuse des compétitions avec l’objectif de placer Lens sur la carte de l’Europe.

Une équipe pleine de caractère
Pour leurs débuts, les Lensois ont débarqué forts de leurs qualités pour rivaliser face à leurs adversaires habitués des soirées européennes. Intensité, pressing et transitions rapides ; la recette lensoise en Ligue des Champions est la même que celle qui a conquis la Ligue 1 la saison dernière. Cette identité de jeu ambitieuse leur permet de se procurer de multiples situations d’attaque ; sur les trois premiers matchs, ils ont tiré au but à trente-cinq reprises pour seulement quatre buts inscrits. Bien qu’il y ait eu un manque d’efficacité, les Lensois ont su amener du danger dans les défenses adverses. Un danger indissociable du travail des pistons, à l’instar de celui de Frankowski, auteur de deux passes décisives en trois matchs sur son côté droit. Grâce à cette rigueur offensive, les Sang et Or ont à chaque rencontre rattraper leur retard au panneau d’affichage : en arrachant le point du nul face à Séville et Eindhoven et en renversant le score contre Arsenal, alors invaincu cette saison.
Mais, pour grapiller de tels points, Lens peut aussi compter sur sa défense. L’arrière-garde est un atout majeur dans le jeu lensois. Complémentaire, le trio Medina-Danso-Gradit assure une sérénité et une solidité défensive malgré les prises de risques que la Ligue de Champions, et son très haut niveau, exige. Très sollicités, les trois piliers défensifs ont réalisé des prestations XXL ; la tour de contrôle autrichienne, Kevin Danso, a même été récompensé mardi en recevant le trophée d’homme du match.

Derrière eux, Brice Samba n’est pas moins vaillant. Même s’il est fautif sur le but concédé à Séville et qu’il n’a pas réussi à garder sa cage inviolée, le capitaine lensois a sauvé à plusieurs reprises son équipe par des arrêts décisifs. Face à Arsenal, trois minutes avant le second but lensois, l’international français a réalisé une parade spectaculaire en stoppant avec sa jambe droite une volée du défenseur Tomiyasu, délaissé au point de pénalty par un marquage passif. Au total, ses onze arrêts ont été précieux pour les Sang et Or qui, bien qu’imparfaits, ont montré une force collective impressionnante lors de ces trois premiers matchs de groupe.
Wahi, l’arme offensive
Timide en championnat, avec un seul but au compteur, Elye Wahi brille sous les étoiles européennes. C’est simple. Le nouvel attaquant lensois est impliqué sur les quatre réalisations de son équipe. Deux splendides buts, une passe décisive zlatanesque et un coup-franc obtenu aux vingt mètres qu’Angelo Fulgini transforma avec brio. Arrivé de Montpellier cet été pour un montant record de quarante millions d’euros, Wahi a fait preuve d’efficacité pour le plus grand plaisir des supporters. Sa demi-volée chirurgicale face à Arsenal, synonyme de victoire, engendra une explosion de joie dans un stade Bollaert impatient de retrouver la Ligue des Champions, vingt-et-une année après son absence.

Toutefois, si sa finition est remarquable, son implication dans le jeu lensois reste à bonifier. « Je reproche à Elye Wahi son manque d’implication dans les aspects défensifs » a avoué Franck Haise en conférence de presse avant le match face à Nantes (victoire 4-0). Cette exigence du tacticien français s’explique par sa volonté de faire de son jeune attaquant, âgé seulement de 20 ans, un joueur complet : « Il a tellement de qualités, de potentiel qu’on a pour lui et pour nous des aspirations hautes ». S’il s’acclimate encore un peu plus au style artésien et qu’il continue à être décisif, notamment en Ligue des Champions, le talentueux Elye Wahi, qui a refusé des offres plus alléchantes comme Chelsea, pourrait bien devenir la clé de l’attaque lensoise et le chouchou incontesté des supporters, deux mois seulement après son arrivée. L’avenir nous le dira.
Trois matchs pour l’histoire
A la moitié du parcours, le Racing Club de Lens est donc en position favorable au classement. Les Sang et Or, qui enchaînent deux déplacements difficiles chez le vice-champion néerlandais puis chez le vice-champion d’Angleterre, vont tout de même devoir redoubler d’efforts et d’efficacité pour rapporter des points précieux en terre artésienne. Surtout, les Lensois peuvent s’offrir, le 12 décembre prochain, à domicile contre Séville, une finale avant l’heure pour se qualifier en huitièmes de finale. Une qualification qui serait, pour le club, tout simplement historique.
Crédits : Twitter / Racing Club de Lens
Tom Novak






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