Après huit mois d’attente, la Coupe du monde de biathlon revient enfin ce week-end à  Östersund. La saison 2023/2024 s’annonce palpitante. Qui arrivera à bousculer l’indéboulonnable Johannes Boe ? Julia Simon peut-elle conserver son Gros Globe ? Une nouvelle star de la discipline va-t-elle éclore cette année ? Début de réponse samedi. Mais en attendant le grand départ, petit tour d’horizon des forces en présence.

L’heure de ressortir les doudounes, troquer les tongs pour les bottes et les glaces pour les chocolats chauds est arrivée. Triste nouvelle que de voir disparaître le soleil avant même le dîner ? Peut-être pas tant que cela finalement. Le passage à l’hiver marque le début de la saison de biathlon. Cela signifie redécouvrir le drapeau de la Norvège autrement que pour s’émerveiller des records d’Erling Haaland, visiter les forêts autrichiennes enneigées à travers la télévision, mais également retrouver la possibilité de se passionner par hasard le temps d’une après-midi sous son plaid pour les exploits d’un scandinave dont vous ne parviendrez pas à prononcer le nom au moment du dîner de famille. 

Le lancement de la saison 2023/2024 de biathlon ce week–end à Östersund ouvre de nouvelles perspectives en cette année non olympique, pour peut-être découvrir de nouveaux visages qui nous représenteront du côté de Milan en 2026 et espérer que les têtes d’affiche bleues soient au rendez-vous. 

Les hommes veulent mieux faire

Les biathlètes français voudront faire mieux cette saison chez les hommes, après être passés à côté de la précédente en laissant la Norvège occuper les 3 premières places de la coupe du monde. La bande à Fillon Maillet revient avec beaucoup d’envie et souhaite récupérer bien plus que les miettes laissées par les scandinaves la saison dernière. Ils avaient achevé l’exercice avec un maigre bilan de 6 podiums pour aucune victoire individuelle. Si Johannes Boe peut paraître intouchable dans sa quête de cinquième globe de cristal, nous ne sommes jamais à l’abri de surprises en biathlon et les Français sont aux aguets. La tâche s’annonce néanmoins très compliquée au vu de l’excellente présaison du benjamin des frères Boe, qui a réalisé un week end idéal du côté de Susjoen en préparation avec une victoire sur le sprint puis sur la mass start. Johannes Boe sera donc une année encore à la tête de l’armada norvégienne (Christiansen, Laegreid, Dale, Tarjei Boe…), prête à tout rafler. Si l’Allemand Benedikt Doll et le Suédois Martin Ponsiluoma ont réalisé une très bonne saison dernière, finissant respectivement quatrième et cinquième, les Français se placent également comme chaque année en véritables menaces à la domination norvégienne.

Quentin Fillon Maillet et Émilien Jacquelin ont vécu saison 2022/2023 compliquée (Crédit Photo : AFP)

L’équipe de France, qui a vu Simon Fourcade remplacer Vincent Vittoz au poste d’entraîneur, sera emmenée une nouvelle fois par Quentin Fillon Maillet. Le jurassien a peut-être maintenant ses plus belles années derrière lui, mais reste motivé et commence une nouvelle fois la saison dans l’objectif de remporter le Gros Globe. Cette année est importante car les occasions se feront de plus en plus rares pour le quintuple médaillé olympique qui va sur ses 32 ans. Il faut espérer que la saison dernière ratée (8e, sans aucune victoire individuelle) soit seulement le contre-coup de celle de 2021-2022, phénoménale, qui lui a permis d’accrocher cinq médailles olympiques à son palmarès, dont deux en or en plus du Gros Globe.

Son compère Emilien Jacquelin mise lui surtout, sur des coups d’éclat, même s’il a admis récemment avoir les capacités pour viser très haut cette année. Néanmoins, le double champion du monde de la poursuite a connu de grandes difficultés sur l’exercice précédent. Quant à Fabien Claude, il n’a toujours pas été cherché de victoire en individuel sur la Coupe du monde malgré une dixième place au général la saison dernière. Il faut maintenant espérer que sa régularité lui permette enfin de l’emporter. Pour suppléer les cadres, la relève, un peu frêle la saison dernière, est désormais attendue. La nouvelle génération française est incarnée par Émilien Claude, Oscar Lombardot, mais surtout Éric Perrot qui a déjà laissé entrevoir de très belles choses.  

La pépite à suivre : Éric Perrot  

Eric Perrot derrière la carabine (Crédit Photo : Panoramic)

Et si c’était l’année de l’éclosion pour Éric Perrot ? Le français de 22 ans, installé depuis deux saisons au sein de l’équipe de France de Coupe du monde, a montré une belle progression la saison dernière qui s’est concrétisée par un premier podium individuel en coupe du monde en mars sur la Mass start d’Östersund. 34e au général la saison passée il est le mieux classé de tous les biathlètes nés en 2001 et après.  L’appétit vient en mangeant, et le champion du monde junior 2021 du relais doit prouver qu’il a la carrure pour prendre la succession du glouton Fillon Maillet notamment en vue des Jeux Olympiques de Milan dans un peu plus de 2 ans. Il dit lui-même sentir avoir progressé et viser une victoire cette saison. Bonne nouvelle, c’est à Östersund où il a terminé le dernier exercice par un podium que commence la saison.  

Chez les femmes, objectif rester au top pour Julia Simon

Du côté des bleues, la digestion du festin de l’année dernière a été compliquée. Alors que Julia Simon a remporté le premier Gros Globe de sa carrière l’année dernière à l’issue d’une saison fantastique, les accusations envers elle, de la part de sa compatriote Justine Braisaz-Bouchet pour fraude à la carte bleue ont entraîné des troubles importants au sein de l’équipe de France. Julia Simon conteste les accusations de sa coéquipière. Norvégiennes, Italiennes ou Suédoises n’en attendent pas tant pour refaire surface dans la lutte pour le Gros Globe qui s’annonce une nouvelle fois palpitante. Les transalpines Dorothea Wierer et Lisa Vitozzi qui ont occupé le podium au général l’année dernière en compagnie de Julia Simon apparaissent peut être avec les sœurs Oeberg comme les principales rivales des Françaises. Cette saison est déjà une étape essentielle pour elles en vue des JO de Milan à domicile en 2026, dernier défi de Wierer, 33 ans aujourd’hui.  

Il faudra espérer pour les Françaises que ces affaires extra sportives ne nuisent pas aux résultats de l’équipe de France qui a vu Anaïs Chevalier-Bouchet tirer sa révérence en fin de saison dernière. La France devrait tout de même, malgré les troubles internes, pouvoir compter sur ses cadres : Julia Simon, tenante du titre du Gros globe et championne du monde de la poursuite l’année dernière ainsi que Justine Braisaz-Bouchet qui revient de grossesse après un an d’absence. Elles seront accompagnées de Chloé Chevalier, Lou Jeanmonnot ou encore Sophie Chauveau qu’il faudra surveiller de près après les belles promesses de la saison dernière. 

La pépite à suivre : Sophie Chauveau 

Après sa première saison dans l’élite, Sophie Chauveau revient plus motivée que jamais (Crédit photo : Manzoni/NordicFocus)

La saison passée était l’année des premières pour Sophie Chauveau qui avait alors 23 ans : première course en coupe du monde, première cérémonie des fleurs, premier relais, premiers Mondiaux ou encore premier top 10 aux championnats du monde, il est maintenant l’heure de confirmer et surtout de gagner. En effet, la biathlète originaire du Grand Bornand qui a remporté le petit globe du relais avec l’équipe de France aborde cette saison avec beaucoup d’appétit. Il va en falloir pour faire oublier la régularité d’Anaïs Chevalier-Bouchet véritable pilier de cette équipe de France qui a décidé d’arrêter en fin de saison dernière, mais la jeune française pourra s’appuyer sur ses qualités sur les skis, véritable point fort. Sophie Chauveau sera accompagnée également de Lou Jeanmonnot, d’un an son aînée, qui a signé son premier podium en individuel l’année passée sur la Mass Start d’Östersund tout comme Eric Perrot et a finit proche du top 10 au classement général (11e). Si les turbulences de l’affaire Julia Simon sont mises de côté, que les jeunes françaises se mettent à gagner et que Justine Braisaz-Bouchet revient en pleine forme de sa grossesse, cette équipe de France pourrait une nouvelle fois faire très mal cette année. 

Crédit Photo : Craft France
Léo Billard

Laisser un commentaire

Tendances