A l’heure où la neige s’abat de plein fouet sur une grande partie de la France, le soleil surplombe les courts de Melbourne Park pour nos tricolores en cette première semaine. Mise à part la contreperformance à noter côté Caroline Garcia, cette semaine Australienne s’est avérée plutôt concluante côté français.

Ce n’est pas « l’American dream » mais bien « l’Australian dream » qu’est en train de vivre le Français Arthur Cazaux. Ayant intégré directement le tableau principal grâce à une wild-card de la FFT (autorisation exceptionnelle accordée à un joueur pour participer à un tournoi, alors que son classement initial ne lui permet pas), le protégé de Stéphane Huet est le phénomène de cette semaine. Le 122ème mondial a défié toutes probabilités en se hissant en 8ème de finale, écartant sur son passage de beaux noms du tennis. En commençant par l’expérimenté Laslo Djere, 33ème mondial, au bout de 5 sets (6-3 ; 6-7 ; 6-2 ; 3-6 ; 6-2). Mais le match lui permettant de réellement franchir un cap est celui contre Holger Rune, 8ème mondial. Grâce à un service irréprochable, une solidité en fond de cour et une maturité surprenante, le Montpelliérain de 21 ans n’a fait qu’une bouchée de son adversaire Danois (7-6 ; 6-4 ; 4-6 ; 6-3). Sur un nuage, tout le monde avait alors les yeux rivés sur « la Caz », , qui affrontait la tête de série n°28, Tallon Griekspoor, pas une mince affaire. Et pourtant, Arthur Cazaux nous a confirmé que cette victoire contre Holger Rune n’était pas impromptue. Face au Hollandais, le Français a fait preuve d’une maitrise et d’un calme absolu, dictant sa loi, ne laissant aucune chance au 31ème mondial qui ne s’est offert la moindre balle de break (6-3 ; 6-3 ; 6-1).

Arthur Cazaux fait sensation en cette première semaine, notamment après sa subjuguante victoire contre Holger Rune. Crédit photo : Asanka Brendon Ratnayake / AP

Cette très bonne dynamique n’est pas surprenante, le talent d’Arthur Cazaux n’est pas à cacher, restait à savoir quand ce dernier allait éclore aux yeux du grand public. Cette année est-elle la bonne ? Sans doute trop tôt encore pour s’avancer, mais tout cela est de bon augure pour la suite. En conférence de presse, Arthur Cazaux garde les pieds sur terre : J’ai battu mon 1er top 10 il y a deux jours avec Holger, j’ai senti que les médias s’enflammaient comme on sait faire en France. Je me dis que je suis le même joueur que quand j’étais en Challenger ». Le Montpelliérain l’a bien compris, pas question de se laisser distraire par les émotions et l’écho médiatique qui l’entoure.

Il en est pour beaucoup dans le monde du tennis, où plus l’on vieillit, plus le niveau s’écroule. Pour Adrian Mannarino, le tennis ne fait pas vivre plus vieux, mais bien plus jeune. Du haut de ses 35 ans, il est le second Français à se hisser au 4ème tour, et réalise une belle semaine, faisant respecter son rôle de « meilleur français ». Le 19ème joueur mondial a la particularité sur cette édition 2024 d’avoir passé tous ses tours en 5 sets, une statistique qui lui réussit bien puisque sur les 13 derniers matchs en 5 sets disputés, « Manna » en a remporté 11. Une solidité physique remarquable sur le circuit, le résultat d’un travail de longue haleine en dehors des terrains. Comme illustration parfaite, son match du 3ème tour contre Ben Shelton, tête de série n°16. Malmené 2 sets à 1 dans un match à haute altitude, le Français à su puiser dans ses ressources et inverser la tendance pour venir à bout de l’Américain (7-6 ; 1-6 ; 6-7 ; 6-3 ;6-4). En plus d’être à son « prime » physiquement, notre marathonien des courts sait s’appuyer sur un jeu à plat rapide, constant, mettant à mal ses adversaires.

On aurait légitimement penser à une qualification en 2e semaine de notre n°1 française Caroline Garcia, 19ème mondiale. Mais pourtant, l’ex 4ème mondiale est retombée dans ses travers au deuxième tour de l’Open d’Australie, défaite par la moins bien classée Magdalena Freçh, 69ème mondiale. (6-4, 7-6). Elle l’avait pourtant très bien entamé cet Open d’Australie, en s’imposant avec la manière face à la redoutable Naomi Osaka, 4 fois titrée en Grand chelem (6-4, 7-6). Mais la difficulté apparente de « Caro » se caractérise lorsqu’elle affronte des joueuses moins bien classées, la Française n’y arrive pas, son jeu d’habitude agressif ne fait plus la différence, la crispation et la frustration prennent le dessus.
A l’inverse, l’autre sensation tricolore de la semaine est Océane Dodin, la 95ème joueuse mondiale. A 27 ans la Française dispute pour la 1ère fois de sa carrière un 8ème de finale en tournoi du Grand Chelem, un accomplissement tardif mais pas si surprenant que ça. Depuis ces jeunes années, la Nordiste était promise à un brillant futur, on lui attribuait des qualités de « snipeuse » tellement son coup droit est puissant. Mais voilà, le tennis n’est pas que physique et technique, il est éminemment un sport psychologique. La Nordiste a peiné à franchir ce cap, à faire respecter son statut de « future grande championne ». La pression a pris le dessus. Cependant, la Française de 27 ans en cette semaine nous montre un tout nouveau visage, frais, motivé et rageant. Sans perdre le moindre set, la Française élimine sur son passage la tête de série n°29 Zhu Lin (6-4, 6-3) et l’italienne Martina Trevisan (6-4, 6-4).


A noter également le beau parcours de sa compatriote Clara Burel, qui avait fait sensation également en éliminant sèchement la 5ème joueuse mondiale Jessica Pegula (6-4, 6-2), avant de se faire éliminer par Océane Dodin au 3ème tour.

Crédit photo : L’Équipe

Mathieu Feenin

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