Nous le savons toutes et tous, les Jeux de Paris 2024 approchent à grands pas. L’occasion ici de mettre en avant des sportives plus motivées que jamais par cet événement. Dans cet article, venez suivre Philipine Delemazure, joueuse de hockey sur gazon.
Première rencontre en janvier
Philippine Delemazure est une joueuse de Hockey sur gazon, sport Olympique depuis 1980 pour les femmes (1908 pour les hommes). Licenciée au Lille Métropole Hockey Club, elle s’entraîne avec l’équipe de France dames depuis 2 ans.
Originellement, le hockey sur gazon (oppose deux équipes de 11 joueurs, dont 1 gardien, sur un grand terrain synthétique) est purement amateur, mais il se professionnalise aujourd’hui. Cette année, Philippine s’entraîne comme une athlète professionnelle. À 18 ans, elle a pris une année de césure afin de se consacrer pleinement à la préparation des prochains Jeux olympiques. Elle intégrera une école de commerce international l’année prochaine. Pour en arriver là, elle a d’abord joué dans l’équipe du Nord, l’équipe de la région de ses 12 à 16 ans. Elle a ensuite participé aux coupes d’Europe en moins de 16 ans. Au lycée, elle était à l’internat au CREPS (Centre de Ressources, d’Expertise et de Performances Sportives) de Wattignies, en sport étude. C’est pendant ces années qu’elle a intégré l’équipe de France, et disputé trois autres Coupes d’Europe.
Pour cela, elle a pu compter sur ses proches, avec lesquels elle partage un véritable amour pour le hockey. Dès qu’elle en a eu l’âge, Philippine a pris la crosse. “Chez les Delemazure, dans la famille de mon père, le hockey, c’est tout.” Son père est celui qui l’a inscrite au hockey. L’oncle de son père a joué en équipe de France; tout comme son frère Brieuc, qui est aujourd’hui vice-champion du monde avec l’équipe nationale des moins de 21 ans. Bref, le hockey est une histoire de famille chez les Delemazure.

L’interview :
Dans quel état d’esprit es-tu ? Est-ce que tu ressens de la pression, du stress ?
Les Jeux olympiques sont dans 6 mois. C’est à la fois loin et proche. Si on ne se sent pas encore dans les favorites on a encore le temps de progresser. Je ne suis pas stressée ; comme on n’a pas encore fait les entraînements sur le terrain, je ne réalise pas encore qu’on fait les JO. C’est plus le stress de la blessure qui est important parce qu’on entre dans la période où, si on se blesse longtemps ça va être compliqué.
Où en es-tu dans ta préparation ?
On prépare “officiellement” les Jeux depuis septembre. C’est depuis cette période qu’on a plus de moyens, pour les stages par exemple. On a aussi fait un très gros travail physique. Pendant 2 mois, on a complètement arrêté le hockey en équipe de France, on ne le faisait qu’avec nos clubs. On avait deux séances de sprint et quatre séances de musculation par semaine, sur deux jours, les lundi et mardi, au CREPS de Wattignies.
Cette stratégie a clairement payé : avant les tournois qualificatifs à Valence, on a joué quelques matchs contre des équipes dans le top 20 mondial – l’Irlande, la Corée, le Canada et la Grande-Bretagne. Contre les britanniques (championnes olympiques en 2016, médaillées de bronze à Tokyo en 2021 et Londres en 2012), on n’a perdu que 2-1. On rivalise avec ces équipes, sachant que nous n’avions pas encore commencé la prépa hockey – on commence les matchs officiels en Afrique du Sud – alors que les équipes en face terminaient leur préparation puisqu’elles étaient prêtes pour le tournoi. C’est très valorisant de déjà voir l’avancée, on travaille énormément pour faire le mieux possible.
Qu’est-ce qui a été facile/ difficile durant le mois qui s’est écoulé ?
Ce qui a été facile c’est qu’on est passées de l’hiver à l’été. On est en Afrique du Sud et on bronze ! Ce n’est pas tous les jours qu’on va en Afrique du Sud, on sait qu’on a beaucoup de chance d’être ici.
Ce qui a été difficile c’est la fatigue et le fait d’être loin de sa famille, de ses amoureux/amoureuses, et faire beaucoup de matchs, tout le temps bouger. En janvier on a dû être 4-5 jours chez nous donc je pense que c’était ça le plus dur. Là on commence à être contentes de rentrer, de passer un peu de temps chez nous. Et puis en même temps c’est pas très grave, c’est un mois comme ça.
Quels sont les objectifs pour le mois prochain ?
Puisqu’on est parties à Valence et en Afrique du Sud, c’est plus en autonomie en février. On va avoir beaucoup de musculation et d’entraînements de notre côté. On n’aura qu’un seul regroupement avec l’équipe de France. Ce sera après, dans les autres mois, où on va jouer contre beaucoup d’équipes comme l’Argentine, le Canada, l’Afrique du Sud.
La joueuse vient de rentrer de plus de 2 semaines en Afrique du Sud. L’équipe de France a disputé 6 matchs officiels qui lui ont permis de gagner 1 place au classement mondial. Qualifiées d’office en tant que nation hôte pour les Jeux olympiques, les Françaises se classent désormais au 20ème rang mondial.
L’équipe de France aura à coeur de briller devant son public cet été. Rendez-vous dans quelques semaines pour suivre la suite de la préparation de Philippine et ses coéquipières pour les JO de Paris 2024.
Crédit : leana_fieldhockeypictures
Amy Villette






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