Hier soir à Canmore s’est conclue la saison 2023/2024 de biathlon. Cette saison, marquée par les Championnat du monde à Nove Mesto, nous aura livré quelques surprises. Les Françaises étaient attendues pour confirmer les résultats de l’exercice précédent, leurs homologues masculins plutôt pour se refaire une santé. Alors accrochez une dernière fois les dragonnes pour le bilan de cette saison à rebondissements.
Östersund, Hochfilzen, Oberhof, Soldier Hollow… Ces noms ne vous disaient peut-être rien il y a quelques mois. S’ils vous évoquent toujours des marques de vêtements suédois, vous n’avez sûrement pas passé votre hiver à regarder tourner des athlètes armés à ski. Pour cela, il va maintenant falloir attendre l’année prochaine, et on a déjà hâte après cette saison record.
Tir groupé historique, mais pas de Gros Globe pour les femmes
Après 70 courses sous tous les formats et neuf étapes de coupe du monde, les Bleus hommes et femmes réunis affichent un bilan record de 56 podiums. Jamais l’équipe de France de biathlon n’ait réalisé pareil performance et elle peut remercier ses filles.

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Si un doute planait en début de saison quant à la capacité du groupe à se mobiliser dans la quête de victoires après les accusations en justice de Justine Braisaz-Bouchet à l’encontre de sa coéquipière et tenante du titre Julia Simon, les deux présumées leaders de l’équipe de France ont bien répondu présent. Braisaz-Bouchet, qui sortait d’une grossesse, est revenue à un niveau stratosphérique en s’affirmant peut-être comme la meilleure skieuse du circuit. Elle a profité de l’exercice 2023/2024 pour ajouter à son palmarès 6 victoires dont un titre de championne du monde de la Mass Start et une quatrième place finale au général. Surement la saison la plus aboutie de sa carrière.
Jeanmonnot proche du Gros Globe, Razzia pour Simon aux Mondiaux
A propos de saison aboutie, celle de Lou Jeanmonnot dépasse les espérances. Cette saison l’a véritablement fait exploser aux yeux de tous. Obtenant ses quatre premières victoires, elle a même porté durant une partie de la saison le dossard jaune de leader de la coupe de monde. Jeanmonnot échoue finalement à la deuxième place à quelque points de Lisa Vitozzi qui remporte le premier gros globe de la saison. Elle assure ne pas être déçue de cette place de dauphine et rentre tout de même à la maison avec le petit globe de la Mass Start (elle a accumulé le plus de point sur cette spécialité durant les épreuves de coupe du monde).

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En allant chercher le Gros Globe, Lou Jeanmonnot aurait pu succéder à Julia Simon. Cette dernière, championne du monde en titre, annonçait ne pas savoir si elle allait pouvoir tenir toute la saison après une préparation tronquée dû à l’affaire avec Braisaz-Bouchet. Malgré seulement une cinquième place au général, Julia Simon a réalisé une véritable razzia au mondiaux de Nove Mesto avec un doublé Sprint-Pousuite pour la désormais sextuple championne du monde (en comptant les relais). Car en effet, il faut noter que les bleus ont également été chercher l’or sur le relais féminin (Lou Jeanmonnot, Sophie Chauveau, Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon), le relais mixte simple (Lou Jeanmonnot et Quentin Fillon Maillet) et classique (Éric Perrot, Quentin Fillon-Maillet, Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon).
Gilonne Guigonnat a obtenu son premier podium et Sophie Chauveau continue sur sa lancée de la saison passée en montant également sur la boîte. La saison prochaine s’annonce donc exaltante chez les filles où tous les records pourraient une nouvelle fois tomber.

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Les Français très loin de l’armée norvégienne
L’expression « ne laisser que des miettes » raisonne parfaitement lorsqu’on évoque la saison des Norvégiens. Les frères Boe et leur armada occupent tout simplement 6 des 7 premières places au général. Seul Emilien Jacquelin a réussi à s’intercaler entre Christiansen (5e) et Stroemsheim (7e). Les frères Boe occupent les deux premières places suivis par Dale et Laegreid et encore une fois, le benjamin de la fratrie a tout écrasé. Johannes Boe, maintenant 20 fois champion du monde, avec ses trois nouveaux titres, dépasse Martin Fourcade avec désormais 85 victoires au compteur sur le circuit principal (reste le record de 95 victoire de Bjornalen à aller chercher.) Johannes n’a finalement laissé que le petit globe de la spécialité à son frère Tarjei, qui pourrait déclarer sa retraite au printemps.
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Les Français comme les autres ont subi cette domination et ont mis du temps à profiter des rares occasions laissées. Privés de victoire individuelle l’année dernière, les Bleus ont réglé la mire… très tardivement. Il a en effet fallu attendre l’avant dernière étape à Soldier Hollow pour voir celui qu’on annonçait comme la pépite à suivre, délivrer les Bleus avec une première victoire depuis presque deux ans. Perrot a été privé lors de la dernière étape du maillot bleu de meilleur jeune (moins de 25 ans) par l’Italien Tommaso Giacomel. Néanmoins pas de doute, cette victoire en appelle à beaucoup d’autres et il pourrait dès la saison prochaine se mêler à la lutte avec les Norvegiens.
Une saison décevante malgré tout
Le seul Français qui a été capable de le faire au classement général cette saison est Emilien Jacquelin, lui aussi sur le tard. Après un début de saison compliqué où il a enchaîné difficulté au tir et délicatesse sur les skis, le double champion du monde de la poursuite français est parvenu à retrouver de la régularité, et monter sur le podium (3e) à l’occasion de la dernière course de la saison à Canmore. Il lui reste encore quelques maladresses, notamment tactiques, à revoir pour rivaliser plus régulièrement avec les meilleurs.

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Malgré ces éclaircies, la saison est décevante pour l’Equipe de France masculine. Même Johannes Boe s’est étonné de ce manque d’adversité durant les Mondiaux : « L’équipe de France n’a pas été à son meilleur niveau. Dans les conditions froides, l’Allemagne est là. On attend le retour de l’équipe de France. Ils ne sont que l’ombre d’eux-mêmes. Mais ils vont revenir. Leur temps viendra. » Cette baisse de niveau depuis deux ans s’illustre en particulier en la personne de Quentin Fillon Maillet. Mamgré deux titres individuels en relais mixtes et simples durant les mondiaux, le bilan individuel est très faible et il finit loin au classement général (16e). On espère que le quintuple médaillé olympique retrouvera son niveau d’antan pour faire douter Boe et compagnie dès l’année prochaine. Chacun devrait maintenant poser les skis avant de se concentrer sur le prochain exercice, avec dans un coin de la tête les Jeux Olympiques 2026 en Italie.






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