À l’occasion de cette deuxième semaine, les favoris ont repris le dessus dans les débats, et n’ont laissé que des miettes à la concurrence. Entre farandole de victoires pour les sprinteurs et bras de fer intenses en montagne, cette semaine aura été sans pitié pour de nombreux coureurs. Avant une ultime semaine qui pourrait s’avérer fatale… retour sur six jours de course qui auront surtout profité au maillot jaune.
Le coup de coeur : le combatif Jonas Abrahamsen
Après une grosse première semaine au cours de laquelle il n’aura pas lâché son maillot à pois, le Norvégien a fini par céder face au rythme effréné de Pogacar, Vingegaard et Evenepoel. Il le portait encore par défaut pour la 11e étape -à égalité de points avec Tadej Pogacar-, mais l’a définitivement abandonné à l’issue de la 14e étape, dépassé par son compatriote Vingegaard. Ce dimanche, au sommet du plateau de Beille, il a dit adieu à sa tunique, mais aura prouvé sa combativité malgré tout. Ses attaques incessantes et sa présence récurrente dans les échappées lui auront permis de montrer tout son talent, mais la concurrence était simplement trop forte pour lutter durablement.
La déception : la Visma laisse son leader seul
En pleine défense de son titre de double vainqueur du Tour de France (2022, 2023), Jonas Vingegaard doit se sentir bien seul pour attaquer Tadej Pogacar. Si le Slovène peut compter sur sa formation (UAE Emirates) pour maîtriser l’allure du peloton, son rival ne peut pas en dire autant. Le Danois a pu compter un temps sur le soutien de Matteo Jorgensen ce dimanche, mais les efforts de l’Américain n’ont pas payé, son leader se faisant lâcher dans l’ascension. Face à Vingegaard, l’armada d’UAE s’avère pour l’heure trop forte, et la Visma trop limitée pour lutter.
L’abandon : l’énième désillusion de Primoz Roglic
Annoncé parmi les favoris du Tour de France cette année, Primoz Roglic devra une fois de plus regarder l’arrivée depuis son canapé. Après une première chute avant l’arrivée au Lioran la veille, le Slovène est de nouveau tombé lors de la 12e étape, et a déclaré forfait avant le départ de la 13e. Soit son 3e forfait de suite sur la Grande Boucle, qu’il n’a jamais remporté. Après avoir porté le maillot jaune pendant 11 jours en 2020, et avoir ensuite fini deuxième, Roglic a peut-être dit adieu à ses derniers espoirs de remporter le Tour de France, lui qui aura 35 ans en octobre prochain.
Le sprint : un intense duel entre Biniam Girmay et Jasper Philipsen
Alors que Biniam Girmay s’est emparé du maillot vert lors de la première semaine grâce à ses deux victoires d’étapes, l’Erythréen a vu Jasper Philipsen, son principal concurrent pour la précieuse tunique, se rebiffer. Le Belge s’est imposé mardi à Saint-Amand-Montrond, avant de voir le leader du classement à points s’imposer à Villeneuve-sur-Lot deux jours plus tard. Ni une ni deux, Philipsen a remis le couvert vendredi pour s’imposer à Pau. Si le titre de meilleur sprinteur semble promis à Girmay, les deux hommes pourront s’expliquer une fois de plus à Nîmes mardi pour conclure ce très beau duel.
L’attaque : Adam Yates, ce lieutenant de luxe
Pour creuser l’écart en tête au classement, Tadej Pogacar peut compter sur plusieurs lieutenants de très haut niveau, et l’un d’eux s’est signalé samedi avant l’arrivée à Pla d’Adet. Plus discret jusque là, Adam Yates a joué cartes sur table dans la dernière ascension en plaçant une attaque tranchante à 7 kilomètres du sommet. Une accéleration qui a permis au groupe maillot jaune de repartir de l’avant pour rapidement revenir sur Ben Healy, qui avait fini par se retrouver seul en tête. Pogacar place ensuite une attaque et trouve Yates en relais pour récuperer de son effort avant de partir en solitaire. Résultat de cette attaque : Pogacar en remet une couche, faisant craquer Vingegaard, qui fini 2e, à près de 40 secondes du leader.
La victoire : Tadej Pogacar assomme la concurrence sur le Plateau de Beille
Si quelqu’un doutait encore de la supériorité de Tadej Pogacar, l’étape de ce dimanche a mis tout le monde d’accord. Déjà vainqueur de deux étapes dans cette édition 2024, le Slovène a réalisé la passe de trois au sommet du Plateau de Beille, et de quelle manière ! Embarqué dans un nouveau duel avec Vingegaard à 8 kilomètres du sommet, le Slovène a placé une nouvelle attaque à 5 kilomètres de l’arrivée. Sûrement celle de trop pour son dauphin, qui franchira la ligne d’arrivée une minute et 9 secondes plus tard que le leader du Tour. Désormais, Pogacar possède 3 minutes d’avance sur son premier concurrent, sans jamais être vraiment inquiété.
L’image : le Virage Magic Bardet
Vainqueur lors de la première étape du Tour de France 2024, et porteur du maillot jaune pour la première fois de sa carrière, Romain Bardet a eu droit à son hommage. À l’image de Thibaut Pinot l’an passé, celui qui court pour la dernière fois de sa carrière sur la Grande Boucle a pu traverser son propre virage dans l’ascension du Pas de Peyrol lors de la 11e étape. Un bel hommage pour ce coureur qui a enfin droit à toute l’affection qu’il mérite, alors qu’il mettra un terme à sa carrière en 2025.






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