Après un Wimbledon convaincant et un retour sur terre réussi, les Bleus sélectionnés se sont tourné vers l’objectif majeur de la saison, les Jeux Olympiques de Paris 2024. Le gratin du tennis mondial se donne rendez-vous à Roland-Garros à partir du 27 juillet. Si une médaille française en simple relèverait d’un immense exploit, les paires de double offrent une possibilité de décrocher une breloque à domicile. Revue d’effectif tricolore.

L’ocre de la porte d’Auteuil, sous les projecteurs du monde entier durant la quinzaine de fin de printemps connaît habituellement un mois de juillet bien tranquille, se préparant sobrement à accueillir les championnats de France à la fin de l’été. Cependant, en cette année 2024, unique pour le sport français, Roland Garros s’expose, pour la première fois de son histoire, aux couleurs des Jeux Olympiques. L’Équipe de France aura comme tâche ardue de donner un maximum de reflets bleus à cet habit de lumière.

Pas simple en simple

Soyons honnête, voir un français les 3 et 4 août jouer pour une médaille en simple sur le court Philippe-Chatrier relèverait d’un exploit majuscule. Le tournoi olympique ne réserve que très peu de surprises, étant prisé par tous les plus grand notamment par sa rareté dans le calendrier. Pourtant personne n’aurait imaginé la cubaine Monica Puig, alors 34e mondiale, décrocher la médaille d’or pour Porto Rico en 2016. L’Équipe de France devra s’en inspirer. 

L’Equipe de France Olympique de tennis au complet
© – Edouard Roger-Vasselin / Linkedin

Elle sera composée chez les hommes de Ugo Humbert (15e), Arthur Fils (20e), Gaël Monfils (30e) et Corentin Moutet (68e). Côté femmes, Caroline Garcia (25e), Clara Burel (44e), Diane Parry (52e) et Varvara Gracheva (68e) seront de la partie. 

Difficile de dégager un véritable chef de file de cette sélection très homogène mais tous ont prouvé leur capacité, sur un tournoi, d’élever leur niveau et battre les plus grands. Le dernier à avoir accompli pareille performance est Arthur Fils, vainqueur la semaine dernière de l’ATP 500 de Hambourg, le plus beau succès de sa carrière.

Après son changement d’entraîneur en fin d’année dernière, le jeune français (20 ans), a réalisé un début de saison contrasté, retrouvant difficilement son niveau de l’exercice précédent. Nouvellement entraîné par Sébastien Grosjean et Sergi Bruguera, véritables références qui devaient le faire changer de dimension, il arrêtera sa collaboration avec Bruguera à la suite de son élimination au premier tour de Roland-Garros. 

Arthur Fils victorieux à Hambourg face à Alexander Zverev
© – AFP

Il a fallu attendre Wimbledon pour que Fils retrouve son meilleur niveau. Le Français est parvenu à vaincre Hubert Hurkacz alors 7e mondial avant de se faire éliminer en 8e de finale par Alex De Minaur. Ce beau parcours a lancé Fils vers son titre à Hambourg où il a battu Holger Rune avant de s’imposer en finale face à Alexander Zverev quatrième mondial et champion Olympique en titre, au terme d’une finale sous haute tension. Le français est parvenu à sauver 21 des 22 balles de breaks qu’il a concédé puis a survolé le tie-break du troisième set pour s’offrir le plus beau titre de sa jeune carrière. Grâce à cette victoire, Arthur Fils monte pour la première fois dans le top 20 mondial et sera tête de série aux JO. C’est sûrement sur lui que repose le plus d’espoir de médaille en simple chez les hommes. 

Néanmoins le véritable chouchou du public français devrait une nouvelle fois se nommer Gaël Monfils. Depuis de nombreux mois, le Français joue avec les JO de Paris 2024 dans un coin de la tête. Ces Jeux ressemblent au dernier grand objectif de sa carrière. Il décrit cette sélection comme un rêve et semble bouillir d’envie de rentrer sur le court, sûrement en night session, pour faire le show, comme toujours. Les années passent mais sur un tournoi d’une semaine et un format en deux sets gagnants, la Monf’ est capable de tout, qui plus est sur son court préféré, soutenu par tout un pays.

Gaël Monfils enpleine préparation à Roland Garros
© – Marine Andrieux / FFT

Ugo Humbert compte également sur le soutien du public pour passer un cap Porte d’Auteuil. Le numéro 1 français, 15e mondial, n’a jamais dépassé le deuxième tour sur l’ocre parisien mais a donné des motifs d’espoir sur terre battue au printemps, lui qui semblait auparavant totalement allergique à cette surface. Son récent huitième de finale à Wimbledon où il a longtemps accroché Carlos Alcaraz, futur vainqueur, démontre son état de forme optimal afin d’aborder au mieux ces Jeux.

Si Humbert n’est pas un fanatique de la terre battue, l’équipe de France compte dans ses rangs un véritable spécialiste de la surface en la personne de Corentin Moutet. Le gaucher s’est régalé cette année en première semaine de Roland Garros en sortant dès le premier tour Nicolas Jarry, 16e mondial et porte-drapeau du Chili durant ces JO. Moutet s’est ensuite hissé jusqu’en 8e de finale où il a pris un set à Jannik Sinner avant que le futur numéro 1 mondial ne reprenne  le dessus. Seul bémole pour Moutet, son dernier match officiel remonte à plus d’un mois. Blessé au poignet avant Wimbledon, il sera malgré tout être en mesure de tenir sa place à Paris.

Le court Philippe Chatrier habillé aux couleurs des Jeux Olympiques
© – Vincent Mongaillard / Le Parisien

Voir un français médaillé sur le court Philippe Chatrier serait également un beau symbole. En effet l’homme qui a donné son nom au court central de Roland Garros a été un des acteurs qui a le plus œuvré pour voir apparaître le tennis aux JO alors qu’il était président de la fédération française puis de la fédération internationale de tennis. 

Peu de place également chez les femmes

Si les hommes ne parviennent pas à briller sur ce court Philippe Chatrier, il est possible que leurs homologues féminines tirent leur épingle du jeu. Swiatek apparait comme le véritable épouvantail à éviter mais difficile de sortir un autre nom flagrant pour compléter le podium même si plusieurs outsiders solides seront présentes (Gauff, Paolini, Rybakina…). Les Françaises, pourraient s’engouffrer en cas d’ouverture d’une légère brèche. 

Caroline Garcia, ancienne n°4 mondiale, porte le tennis féminin en France depuis plusieurs années et la voir briller à ces Jeux Olympiques serait un véritable accomplissement dans la carrière de la Lyonnaise, actuellement 25e mondiale. Si Garcia est dans un grand jour, son tennis offensif lui permet de battre n’importe qui sur le circuit. 

Caroline Garcia accompagnée de Julien Benetteau, entraîneur de l’Equipe de France féminine
© – Marine Andrieux / FFT

Diane Parry (52e) aussi est capable de s’offrir des victoires de prestige qui pourraient lui permettre de créer la surprise. Il y a deux ans sur le court Philippe Chatrier, la française qui avait alors 19 ans était venue à bout de Barbora Krejcikova, 2e mondiale. Espérons que la virtuose et son revers à une main réédite pareil performance.

Clara Burel reste elle sur une saison correcte, sans véritable éclat néanmoins. La française de 23 ans suit une progression constante chaque année et fait maintenant partie du top 50 mondial (44e mondiale). Burel a plusieurs fois porté le maillot tricolore ave brio en Fed Cup et se dit impatiente de découvrir les Jeux Olympiques : “Avoir ce maillot de l’équipe de France sur les épaules, c’est une grande fierté. Je ne me rends pas compte de ce qui nous attend mais quand ça va commencer, je pense que ça va être incroyable”, a-t-elle notamment déclaré.

Varvara Gracheva à Roland Garros en mai dernier
© – Reuters

Le dernier élément de cette sélection féminine a fait chavirer les cœurs des français il y a deux mois à Roland  Varvara Gracheva. D’origine russe, naturalisée française l’année passée, Gracheva était inconnue du grand public avant son sublime parcours porte d’Auteuil. Elle a d’abord éliminé Maria Sakkari, 6e mondiale, au premier tour, avant de se hisser jusqu’en huitième de finale. La marseillaise reprise en chœur par tout le court Suzanne Lenglen au terme de son 3e tour est restée comme l’une des images du tournoi. Voir Gracheva décrocher une médaille relèverait néanmoins d’un exploit majuscule.

Des paires de double inédites

Edouard Roger-Vasselin et Fabien Reboul durant leur premier tournoi ensemble à Hambourg
© – L’Equipe

Si l’on rêve d’un exploit français en simple, il est peut être plus probable de voir une paire de double ajouter une unité au tableau des médailles tricolore. Deux paires semblaient en concurrence pour composer une équipe de spécialistes du double chez les hommes. D’un côté Doumbia-Reboul, paire peu connue par le grand public mais qui monte depuis quelques années. De l’autre, les vétérans Nicolas Mahut et Edouard Roger-Vasselin, qui ont déjà fait leurs preuves. Néanmoins, le classement de Mahut n’assurait pas à la France la possibilité d’aligner une deuxième paire de double (composée de joueurs alignés également en simple sur l’épreuve). La décision a donc été prise par la fédération d’aligner une équipe inédite, fusionnant les deux paires. Edouard Roger-Vasselin et Fabien Reboul devaient porter l’uniforme tricolore à l’occasion de ces Jeux.

Les deux hommes qui ne se connaissaient que très peu ont réalisé un très bon premier tournoi ensemble en atteignant la finale la semaine passée à Hambourg. Malheureusement, Reboul vient de déclaré forfait à la dernière minute, ce samedi 27 juillet, quelques heures avant son premier tour. Il est remplacé en urgence par Gaël Monfils. Terrible nouvelle pour Fabien Reboul qui ne participera pas à ses premiers Jeux Olympiques. L’autre paire sera composée d’Ugo Humbert et Arthur Fils, qui ne sont pas de véritables spécialistes du double mais le public français se chargera de les pousser au maximum sur la terre battue parisienne.

Les tennismans français profitent de ces Jeux pour faire des rencontres, ici avec la légende du handball Jackson Richardson
© – FFT

Côté femme, les quatre éléments alignés en simple disputeront aussi le double. Diane Parry sera alignée avec Caroline Garcia, ancienne vainqueure de Roland Garros dans la discipline, alors que Gracheva sera accompagnée de Clara Burel. Garcia triplera même son programme car elle disputera le double mixte en compagnie d’Edouard Roger-Vasselin. Une chance supplémentaire de briller même si de nombreux ténors du circuit seront alignés face à eux (Tsitsipas-Sakkari, Gauff-Fritz, Zverev-Siegemund…).

Il est vrai que cette équipe de France de tennis ne comptera pas dans ces rangs un élément de la trempe de Léon Marchand, Teddy Riner ou Antoine Dupont. Néanmoins, sur les plus beaux courts de terre battue au monde, tous les joueurs ont proclamé leur fierté de s’être qualifiés et de porter les couleurs de la France, poussant à rêver d’aller chercher une médaille pour son pays et passer les anneaux olympiques aux doigts de tous les amoureux du tennis français.

Le tirage officiel pour nos Bleus au 1e tour

Arthur Fils – Matteo Arnaldi (ITA)

Ugo Humbert – Fabian Marozsan (HON)

Gaël Monfils – Lorenzo Musetti (ITA)

Corentin Moutet – Sumit Nagal (IND)

Le tirage officiel pour nos Bleues au 1er tour

Caroline Garcia – Qinwen Zheng (CHN)

Diane Parry – Nadia Podoroska (ARG)

Clara Burel – Katerina Siniakova ( TCH)

Varvara Gracheva – Beatriz Haddad Maia (BRE)

Léo Billard

© – L’Equipe

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