Célébrant les 60 ans de la Fédération Française de Surf, les Championnats de France de 2024 se sont ouverts ce mercredi 23 octobre sur les spots d’Hossegor, Capbreton et Seignosse. Après que les minimes, cadets et juniors ont lancé la compétition le matin, les épreuves de Para Surf se sont toutes clôturées mercredi après-midi à l’exception des épreuves de Para Surf adapté. 

Avant de détailler cette première journée de championnat réussie, revenons plus globalement sur le Para Surf peu connu en France. Cela résulte en grande partie d’un manque de reconnaissance et d’intérêt porté par le grand public au parasport en général. C’est aussi dû à un développement relativement récent du Para Surf. 

Une pratique en croissance 

Dans l’Hexagone, il s’est majoritairement développé à partir de 2008. Cette période signe les débuts de l’association connue aujourd’hui sous le nom d’Handi Surf, créée par François Gouffrant et Jean-Marc Saint-Geours. Les premières actions sont menées pour des enfants autistes, puis les initiatives s’ouvrent progressivement à tous les types de handicap. L’association est soutenue par la Fédération Française de Surf afin de développer le Para Surf en France. C’est dans ce cadre que naîtront, pas à pas, les premières compétitions nationales. 

L’équipe de France de parasurf est sacrée championne du monde 2023 © Crédit photo : ISA/Pablo Franco
L’équipe de France de parasurf est sacrée championne du monde 2023
© – ISA/Pablo Franco

Sur la scène mondiale, l’International Surfing Association (ISA) porte les initiatives. L’ISA lance en 2015 la première édition du Championnat du Monde de Para Surf. Les dernières éditions de cette compétition affichent des records en termes de participation. En 2023, ce sont plus de 180 athlètes qui ont pris part aux Championnats du Monde. Cette même année, l’équipe de France remporte son premier titre international à Huntington Beach, en Californie. Elle s’impose notamment face aux États-Unis, alors tenants du titre. Cependant, bien que le surf ait fait son entrée aux Jeux Olympiques de Tokyo, le Para Surf peine à s’inscrire dans les épreuves des Jeux Paralympiques. La Fédération Internationale de Surf espère inclure la discipline aux Jeux Paralympiques de 2032 à Brisbane après s’être vu refuser l’entrée aux Jeux de Los Angeles de 2028.

Une compétition complexe à suivre ?

En apparence, la compétition paraît complexe au vue des nombreuses épreuves (Stand 1, Stand 2, Stand 3, Visuel 1, Visuel 2, Kneel, Prone 1, Prone 2). Mais cette complexité est nécessaire. La compétition se subdivise en plusieurs épreuves pour s’adapter aux particularités physiques et sensorielles des athlètes, et garantir une rivalité la plus équitable possible. Les catégories « Stand » et « Visuel » rassemblent les surfeurs qui surfent en position debout. Le Para Surf Stand se divise en trois sous-catégories selon des critères basés sur le type d’amputation. Le Para Surf Visuel, se divise, lui, en deux sous-catégories selon l’intensité du déficit visuel. Les épreuves « Kneel » (assis) et « Prone » (allongé) concernent les surfeurs ne pouvant pas surfer debout.

Le Para Surf aux Championnat de France de Surf

Éric Dargent © FFSurf / WeCreative / Robin Aussenac
Éric Dargent
© – FFSurf / WeCreative / Robin Aussenac

La joie est au premier plan. Les épreuves de Para Surf se sont déroulées mercredi après-midi sous un grand ciel bleu, sur le spot de la Sud à Hossegor. Après l’annulation en 2023 de la compétition en raison de mauvaises conditions, ces dernières semblent être idéales cette année. Les vagues étaient relativement molles mais déroulaient, un vent offshore a rythmé toute la journée. Les athlètes ont ainsi pu exprimer leur surf librement. 

En fin de journée, les nouveaux titres de champions et championnes étaient remis. Dans la catégorie Stand 3, Eric Dargent s’impose face à Geoffrey Moucheboeuf et ajoute un nouveau titre de Champion de France à son palmarès (plusieurs fois vice-champion du monde, Champion d’Europe 2019, Champion de France en 2015, 2016, 2017, 2018, 2019 et 2022). Emmanuelle Blanchet confirme elle aussi son avance sur ses adversaires et se place à la tête de la catégorie Para Surf Kneel Ondine (la catégorie féminine).

La Nouvelle-Aquitaine est en force dans cette édition de 2024. Maxime Cabanne accroche la première place en Para Surf Kneel. En Para Surf Prone 2, Jules Cerf se hisse à la première place en scorant son heat à 16,07 points, dont une vague notée 9,17, soit la meilleure de la journée toutes catégories confondues. Dans la même catégorie en Ondine, c’est Béatrice Duran qui prend le dessus sur Céline Rouillard en finale grâce à deux belles vagues. En Visuel 1, l’absence de Thomas Da Silva profite à Thomas Spetebroot, cependant déçu de ne pas avoir pu se “challenger” au tenant du titre. Pour finir avec les Aquitains, Clément Clavaud-Paul a remporté cette année son premier titre de Champion de France en Para Surf Stand 1.

Jules Cerf © FFSurf / WeCreative / Robin Aussenac
Jules Cerf
© – FFSurf / WeCreative / Robin Aussenac

Les Bretons ne sont pas en reste. Mathieu Goujon arrive en tête de sa catégorie (Stand 2) devant Philippe Naud, et Laurie Phipps, elle qui avait remporté en 2023 la première médaille d’or individuelle de l’histoire du Para Surf français. Solange Balay (Prone 1) et Emmanuel Dubrana (Visuel 2) se chargent également de représenter la Bretagne aux sommets des podiums.

Ces Championnats de France ont permis aux athlètes français de se préparer et de s’évaluer en vue de la neuvième édition des Championnats du Monde de Para Surf, qui se tiendront du 3 au 9 novembre à Huntington Beach.

Robin Verrier

© – Mathieu Goujon © FFSurf / WeCreative / Robin Aussenac

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