Du 11 au 15 juin, l’équipe de France de volleyball était au Centre Vidéotron de Québec (Canada), à l’occasion de la première phase de la Ligue des nations. Faisons le point sur un effectif rajeuni, qui amorce sa reconstruction en quête d’un troisième sacre olympique consécutif.

Mardi 10 juin, 8h55, Centre Vidéotron, Québec. Trévor Clévenot prend place sur la chaise qui lui est attribuée pour la conférence de presse d’avant tournoi, en compagnie des autres capitaines des équipes présentes au Canada. Décontracté, le chef de file des Bleus réfute l’idée que sa formation soit favorite pour l’édition 2025 de la VNL, dont elle est tenante du titre. « Tous les compteurs sont remis à zéro. C’est une compétition qui est longue et toutes les équipes vont se battre pour aller chercher le titre », assure celui qui a été désigné meilleur joueur du monde l’année passée.

Place à la relève

Autre élément à souligner : la nouvelle génération en laquelle l’entraîneur, Andrea Giani, place toute sa confiance. Parmi les joueurs qui ont traversé l’Atlantique, Trévor Clévenot et Théo Faure sont les seuls rescapés de l’épopée olympique de l’été dernier. Après une première sélection chez les seniors face à la Tchéquie fin mai, Anatole Chaboissant, Nathan Feral, Mathis Henno, Simon Magnin, Luca Ramon, Alexandre Strehlau et Amir Tizi-Oualou ont chacun connu leurs débuts au sein d’une compétition internationale contre l’Argentine.

Les joueurs les plus expérimentés ont pris leurs responsabilités dans les moments clés
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« Je me suis bien senti. Quand on est avec beaucoup de jeunes, ça facilite les choses. On connaît tout le monde, on est ensemble depuis un mois et demi donc il n’y a plus de différenciations », rapportait Amir Tizi-Oualou à l’issue de la rencontre. L’ancien Tourquennois a également eu quelques mots à l’égard des cadres qui les accompagnent. « Jouer avec eux, c’est kiffant. Si on prend l’exemple de Trévor, c’est quelqu’un de super calme, qui remet tout le monde sur le droit chemin quand ça ne va pas. Pour les jeunes comme nous, c’est inspirant », appuie celui qui évoluera à Modène la saison prochaine.

Acquérir de l’expérience

Le cadet de la sélection, Noa Duflos-Rossi, abonde également en ce sens. « Nos cadres apportent de la sérénité, de la confiance, nous stabilisent et nous rassurent. J’adore jouer à leurs côtés », s’enthousiasme le réceptionneur-attaquant âgé de 17 ans. Alors qu’il pensait déjà à revêtir le maillot tricolore il y a quelques années, il ne s’attendait pas à être appelé si tôt : « j’espérais atteindre ce niveau un jour, mais être là à seulement 17 ans, avec une équipe de France qui est championne olympique, c’est un rêve de gosse », exprime le Sétois avec un large sourire.

23 ans – Moyenne d’âge de l’équipe de France lors de cette première étape de la VNL

« Ces jeunes-là sont bons et vont vous prouver qu’ils peuvent jouer dans une compétition de ce niveau-là », prévenait Trévor Clévenot en marge du tournoi. Quelques jours plus tard, les Tricolores décollent de Québec avec deux victoires (Italie/Canada) et autant de défaites (Argentine/Allemagne) dans les bagages.

Sur le parquet du Centre Vidéotron, la jeune garde française a alterné entre le bon et le moins bon. Capables de fulgurances en défense, les protégés d’Andrea Giani ont connu des passages à vide au service et ont parfois eu du mal à trouver la solution face à la verticalité des blocs adverses. Face aux Argentins et aux Allemands, les Bleus ont manqué respectivement 27 et 25 services.

Besoin de constance

« Ce sont deux matchs où techniquement, nous avons commis des fautes. Certains joueurs ont perdu la lucidité et c’est lié à leur manque d’expérience. La VNL est justement là pour leur faire connaître le haut niveau », justifie Andrea Giani, néanmoins satisfait du visage montré par ses hommes sur l’ensemble de la semaine.

Noa Duflos-Rossi a bénéficié de précieuses minutes de temps de jeu tout au long du tournoi
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« On sait que l’on a encore beaucoup de points sur lesquels on doit travailler. On manque de continuité notamment. Il y a des matchs où on sert très bien, mais à certains moments on sert moins bien donc on perd en qualité au niveau de notre jeu », renchérit Théo Faure.

Los Angeles 2028 ?

Les néophytes ont-ils déjà Los Angeles 2028 dans un coin de leur tête ? « Ce serait mentir de dire non. On l’a tous dans le viseur », rétorque Amir Tizi-Oualou. « C’est encore assez lointain », nuance Anatole Chaboissant. Quant à lui, Noa Duflos-Rossi estime qu’il s’agit « d’un objectif comme un autre. »

Pour sa part, Andrea Giani préfère se concentrer à 100% sur le présent. « Si on joue avec une équipe aussi jeune, c’est pour connaître la différence de niveau qu’il y a entre les plus jeunes et les joueurs plus expérimentés. Notre objectif cette saison, ce sont les championnats du monde. Avec la qualité de nos entraînements, on peut aller chercher une médaille », affirme le pilote des Bleus. Rappelons d’ailleurs que l’équipe de France de volleyball n’a jamais été championne du monde dans son histoire.

En attendant l’échéance des championnats du monde qui se dérouleront aux Philippines en septembre prochain, la troupe d’Andrea Giani poursuit son parcours dans la VNL. Prochaine étape à Bourgas (Bulgarie), du 25 au 29 juin prochain. Plusieurs cadres comme Antoine Brizard, Barthélémy Chinenyeze ou encore Jean Patry devraient faire leur retour au sein de l’effectif.

Hugo Saez

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