Voici un match que la trêve internationale a quelque peu éclipsé aux yeux des amateurs de foot les moins avertis. Et pourtant, la rencontre de ce samedi 15 novembre 2025 entre l’équipe du Pays basque et celle de la Palestine fut un moment historique et symbolique. C’est l’histoire d’un match amical, au sens le plus profond du terme, prônant la paix.
Nous sommes à San Mamés, au stade de Bilbao, dans le Pays basque. Pour la première fois de l’Histoire, un match de l’équipe de football de Palestine se tient sur le sol européen. Fondée en 1928, la sélection palestinienne affronte celle du Pays basque. Mais ces deux équipes s’affrontent-elles véritablement ? À l’évidence, non, tant leur soutien réciproque depuis des décennies et leurs aspirations communes à la paix et à l’autonomie de leur territoire sont puissants. Par ailleurs, le score final importe peu au vu de l’enjeu symbolique de la rencontre (les Basques se sont imposés 3-0).

© – PABLO GARCIA SACRISTAAN / AFP
Un événement hautement symbolique
Pour cette soirée, c’est l’amitié qui règne en maître. Comme le montrent les joueurs de la sélection palestinienne, arrivés au stade en portant le traditionnel béret noir de la région basque. Autre scène particulièrement belle : celle des 22 acteurs s’échangeant des roses, symbolisant les enfants morts en Palestine, et des écharpes, peu de temps avant le coup d’envoi. Autre preuve d’amitié sincère entre les deux équipes, cette photo d’avant match sur laquelle les joueurs se mêlent les uns aux autres.
Devant eux, une affiche avec le mot « paix » traduit en basque, en anglais et en arabe. Enfin, en soutien au peuple palestinien qui connaît une grave crise humanitaire en raison des actions armées d’Israël, le club de Bilbao a décidé de reverser l’intégralité des recettes de cette rencontre à des organisations humanitaires intervenant sur place. « Depuis mon arrivée mardi, je vois qu’il y a plus de drapeaux palestiniens à Bilbao qu’à Ramallah » explique Dima Said, porte-parole de la Fédération palestinienne de football.
Le sport comme vecteur politique au Pays basque
L’annonce de cette rencontre fut en tous points symbolique. C’est en effet au musée de la paix de Guernica – ville tristement célèbre pour sa destruction, en 1937, durant la guerre d’Espagne par l’Opération Condor, une force aérienne d’aviateurs nazis qui soutenait le régime de Franco – que l’annonce de ce match eut lieu. La région a alors particulièrement souffert de la guerre et des années franquistes (1936-1975). Dès lors, le Pays basque proclame son autonomie vis-à-vis du pouvoir de Madrid en 1979. Le club phare de la région, l’Athletic Club de Bilbao, renforce d’ailleurs ce sentiment d’appartenance régionaliste dans ses transferts. Ce dernier ne recrute en effet que des joueurs nés dans le Pays basque, dont les Français Bixente Lizarazu et Aymeric Laporte ont porté les couleurs.
Mais les actions de soutien envers les populations gazaouies ne datent pas seulement de l’annonce de ce match. En février 2024, les supporteurs du club de basket de Baskonia, club de la ville de Vitoria Gasteiz, également située dans le Pays basque, ont affiché des banderoles indiquant « Free Palestine » et des drapeaux du pays lors d’un match face au Maccabi Tel-Aviv. Plus récemment, le 3 septembre 2025, une étape de la Vuelta a dû être raccourcie en raison de fortes manifestations pro-palestiniennes à Bilbao.

© – Pankra Nieto / REUTERS
Cependant, la tournée en Espagne des Lions de Canaan ne s’arrête pas là. Dès demain soir, ils affronteront la sélection de la Catalogne, une autre région où un sentiment d’autonomie s’exprime fortement, pour un match tout aussi chargé de symboles politiques.
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