Après la Métropole Lilloise, Milan-Cortina. Alice Philbert, gardienne de l’équipe de France de hockey sur glace féminine a gardé pendant deux saisons les cages des Lions de Wasquehal. Dans une semaine, elle disputera avec ses coéquipières son premier match olympique face à l’Italie, pays hôte de la compétition. Pour l’occasion, elle aborde son parcours, qui l’a conduit à ces Jeux Olympiques d’hiver.

A 29 ans, elle met au profit de l’équipe nationale son expérience dans le Nord, mais pas uniquement. Passée par le Québec – sa terre natale – et les États-Unis, elle évolue maintenant à Bolzano en Italie. Un atout pour ces Jeux ? « Je ne dirais pas que c’est un vrai atout, mais le fait de jouer en Italie m’a apporté plusieurs avantages, explique-t-elle. Je connais déjà plusieurs joueuses de l’équipe italienne et j’ai pu observer certaines de leurs tendances, ce qui peut être utile. » 

La France lui permet de se faire un nom, elle le lui rend bien

Après plusieurs portes fermées au Québec, elle s’envole Outre-Atlantique, pour Dunkerque et son équipe des moins de 20 ans. Le hockey féminin en France manquant de moyens, le niveau est trop peu élevé pour Alice Philbert, qui joue avec les hommes, les règles établies par la fédération française le lui permettant. Le club côtier et les Lions de Wasquehal ayant un partenariat, elle revêt en 2023 le maillot de l’équipe de la Métropole lilloise, à l’époque en D3, quatrième division du hockey français. 

Elle contribue en 2024 à la montée des Lions en D2. « La saison [2024-2025] a été plus difficile, mais j’ai appris à ne jamais abandonner, à rester calme et à continuer à croire, tout en renforçant mon mental et ma capacité à m’adapter aux situations compliquées. » confie-t-elle. Malgré la relégation prévisible des Nordistes en D3 en 2025, la gardienne garde un souvenir positif de ses matchs à la patinoire Serge Charles : « Je n’oublierai jamais le soutien inconditionnel des partisans qui nous a accompagné tout au long de ces deux années. »

Ces deux saisons lui ont permis d’obtenir la naturalisation française et d’être sélectionnée pour la première fois en équipe nationale en avril 2025, et de disputer douze rencontres par la suite sous le maillot tricolore.

Elle met une nouvelle fois tous les enseignements qu’elle a acquis au profit de l’équipe de France pour des Jeux Olympiques, comme elle l’avait fait en décembre dernier lors du tournoi des 4 nations à Dunkerque. Alice Philbert n’a pas cachée sa satisfaction quant à son retour dans le Nord : « Jouer à domicile une dernière fois nous a permis de ressentir pleinement le soutien des partisans français et de nous rappeler qu’aux JO, nous ne serons jamais seules : tout un pays sera derrière nous. »

La sélection, une consécration

Le 24 décembre, cadeau de Noël en avance : la liste des joueuses retenues pour les Jeux tombe. Si les supporters apprennent la sélection par l’intermédiaire des réseaux sociaux, la gardienne savait déjà qu’elle faisait partie de la liste. « C’est Greg Tarlé, notre entraîneur-chef, qui nous a appelées pour annoncer officiellement la sélection des gardiennes, se remémore-t-elle. Même si je m’y attendais, tant que ce n’était pas officiel, je ne prenais rien pour acquis. »

Une première victoire pour Alice Philbert, qui « pense à tout le chemin parcouru, au travail quotidien, aux sacrifices et à toutes les personnes qui nous ont soutenues. À ce moment-là, on mesure vraiment tout ce que représente cette sélection et combien tout le travail accompli en valait la peine. »

Pour Milan Cortina, Alice Philbert et ses coéquipières visent « au minimum les quarts de finale, tout en cherchant à aller encore plus loin. On veut montrer qu’on est une équipe unie, qui n’abandonne jamais et qui est prête à tout donner, capable de rivaliser avec les meilleures nations. »

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Clem Gellis

© – Héloïse Appourcheaux

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