Camille Lutz tient dans ses mains une raquette rouge et noir depuis qu’elle a 6 ans. Aujourd’hui à 23 ans, la Française (99e mondial) joue au Tennis de table saint-quentinois et s’est déplacée à Lille pour le WTT Feeder, qui avait lieu du 27 au 31 janvier, auquel Camille s’est hissée en demi-finale. L’occasion pour nous de revenir sur ses débuts professionnels en 11 questions : entre ses victoires au championnat de France, ce WTT Feeder de Lille, ou encore sa relation avec sa sœur cadette, pongiste également, tout en suivant des études en parallèle.
1. Originaire d’un petit village en Alsace, tu as rejoint le Saint-Quentin Tennis de Table en 2022, comment ça se passe dans ce club ? Et dans la ville ?
Très bien ! Il y a du public, mes coéquipières et le coach sont géniaux, les bénévoles aussi. La ville est agréable, j’aime bien aller dans le centre-ville. La région, je n’ai pas eu l’occasion de visiter car je n’ai pas de voiture. On ne va pas se cacher, c’est une petite ville, c’est pas Paris (rires).
2. En 2024, tu engranges un bon nombre de victoires, tu es championne de France par équipe avec Saint-Quentin, championne de France en simple, championne de France en double mixte et médaillée de bronze aux championnats du monde. Laquelle t’a le plus marquée, et pourquoi ?
C’est impossible de choisir. Le premier titre en simple c’était incroyable, mais j’ai joué contre ma sœur en simple, ce qui n’était pas agréable. J’ai gagné le double mixte avec mon conjoint [ndlr : Bastien Rembert], c’était sympa. Pour ce qui est du titre avec le SQTT, c’était un projet qui tenait à cœur au club, car il n’avait jamais gagné. On avait une super équipe et c’était trop bien de partager ça car c’est quelque chose qu’on gagne sur toute une saison.
3. On t’a entendu dire que l’ambiance pour ce WTT Feeder était impressionnante, vous en parlez entre joueurs et joueuses ?
Ouais ! Hier soir j’ai mis une story sur Instagram avec le public et j’ai quelques joueuses qui m’ont dit « Oh, incroyable, j’espère que ça va inspirer d’autres pays ! »
4. Ça te fait quoi justement qu’un tel tournoi se joue en France ?
Pour moi c’est parfait, car c’est proche de chez moi. J’ai pas à prendre l’avion. En plus, le niveau est très accessible.
5. Est-ce que tu peux un peu nous parler de ta relation avec ta sœur, Charlotte (20 ans), qui elle aussi joue le WTT ? Ça vous tire vers le haut ?
On a une très bonne relation : on se soutient, on essaie toujours de suivre les matchs de l’autre quand on n’est pas sur les mêmes tournois. Ce soir j’avais pas de chambre, donc je vais dormir à l’hôtel avec elle (rires). Des fois c’est pas facile à cause de la concurrence, mais on essaye toujours de se soutenir et de s’apporter l’une à l’autre.
6. En double face à Alexis et Félix Lebrun, qui gagnent ?
Oh, on n’a aucune chance… On ne s’entraîne plus trop ensemble, car ils ne sont plus sur les mêmes tournois que nous. Je les vois moins qu’avant, quand on était jeune on se côtoyait plus. Ça reste des personnes très accessibles et simples et quand on les voit on passe toujours de bons moments.
7. Comparées aux frères Lebrun, comment est structuré votre accompagnement familial ?
On n’a pas toute cette « entreprise », en ce moment leur duo et l’image qu’ils renvoient vont au-delà du sport. Nous, on n’est pas du tout déployées sur ce point-là. Sinon, notre mère est très investie et elle nous aide comme elle peut. Aujourd’hui, on n’a pas les mêmes besoins, même si je nous le souhaite un jour.

© – Fédération Française de Tennis de Table
8. Tu fais des études à La Sorbonne, ça en est où ?
Je suis en troisième année de licence d’informatique. Je fais toutes mes années en deux ans et là je suis dans ma première année de L3, donc j’aurais ma licence l’an prochain. J’avoue que je procrastine un peu, car j’ai eu mes partiels il y a deux semaines et j’ai un peu enchaîné les compétitions partout… Je vais à La Sorbonne les mercredis après-midi quand je suis à Paris. Je fais ce que je peux, mais l’Insep1 est en partenariat avec la fac donc j’ai des cours de soutien pour m’aider à rattraper ce que je rate. c’est pas facile, ça demande beaucoup de travail personnel, mais je m’en sors.
9. À quel point c’est important pour toi d’avoir continué les études ?
J’aimais bien le lycée et je ne savais pas où le tennis de table allait me mener. Au niveau des parents, c’était pas trop une option de ne rien faire et ça me tient à cœur d’avoir un autre univers sur lequel réfléchir, car si je suis dans une mauvaise période dans le ping, c’est dur de penser à autre chose. Quand j’aurais fini ma licence je pense faire une pause et plus tard je verrai en fonction des opportunités, mais j’aimerais peut-être faire un master.
10. Tu as même participé aux Jeux mondiaux universitaires de 2025
Oui, c’était une super expérience en Allemagne. Avec Isà [Cok], qui a aussi participé au tournoi, on a gagné une médaille de bronze. Il fallait être inscrit dans une fac. La fédération n’a pas pris quelqu’un et l’a inscrit une semaine avant dans une fac, comme d’autres pays peuvent le faire. Ça m’a plu de rendre la pareille à la fac, car je suis bien aidée dans mes études.

© – Zoé Batard / Les Olympistes
11. À 23 ans, où est-ce que tu te situes dans ton évolution ? Qu’est-ce que tu espères pour 2026 ?
Je me sens vraiment progresser depuis huit mois, donc je sens que j’ai encore de quoi avancer. Gagner une nouvelle fois les championnats de France serait une très bonne chose. Aussi j’aimerais bien faire une bonne performance aux championnats d’Europe, si je parviens à être sélectionnée.
- Institut national du sport, de l’expertise et de la performance ↩︎
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