Le mythique carnaval de Dunkerque terminé, place maintenant à l’autre raison de vivre des Nordistes. L’USL Dunkerque recevait ce vendredi soir le SC Bastia pour le compte de la 24e journée de Ligue 2. Peu inspirés face à la lanterne rouge du championnat, les Dunkerquois n’ont pas réussi à faire mieux qu’un match nul (1-1) sur leur pelouse de Marcel-Tribut. Les Maritimes ont d’abord concédé l’ouverture du score, avant de réagir pour égaliser, sans toutefois réussir à renverser la rencontre en leur faveur.
Si le spectacle n’était peut-être pas des plus grands sur le terrain, les carnavaleux n’avaient pas encore dit leur dernier mot et étaient présents pour mettre l’ambiance dans cette soirée. En début, milieu et fin de match, le grand orchestre jaune du carnaval était de sortie pour ravir nos oreilles et le traditionnel lancer de harengs a, comme d’habitude ici, agité toute la foule. De quoi permettre aux 22 acteurs, on aurait pu l’espérer du moins, de nous proposer un beau divertissement pour ce match aux allures très déséquilibrées.
L’USL Dunkerque sortait galvanisée par sa victoire en déplacement face à Amiens vendredi dernier (0-4). Pour autant, c’est bien le SC Bastia, dernier du championnat, qui a neutralisé les velléités offensives des locaux et qui les a mis à mal grâce à ses transitions rapides.
La possession fébrile de Dunkerque
Dès le début de la rencontre, les Nordistes monopolisent le cuir, sans pour autant parvenir à se créer d’occasions franches. Les Corses ont été malins : plutôt que d’aller presser haut et s’exposer à la relance adverse, chose dont Dunkerque sait parfaitement profiter, ils n’ont pas mordu à l’hameçon et ont opté pour un bloc bas et une position dans un premier temps plutôt attentiste. « Il était important de contrecarrer leur plan de jeu. On les a très bien étudiés avant le match donc globalement on a bien réussi à les contenir », livrait Réginald Dray, entraîneur du SC Bastia. Ce bloc défensif en 5-4-1, bien compact, force les Dunkerquois à très souvent repartir de l’arrière, et même à s’exposer à des contres tranchants. Alors que l’USLD monopolise le ballon, les meilleures occasions furent pour les Bastiais.

© – François Torbiero / Les Olympistes
À l’image de ce corner joué à deux à la demi-heure de jeu : Amine Boutrah trouve son capitaine Anthony Roncaglia, très bien placé dans la surface, qui n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets, bien aidé par un Mathys Niflore peu inspiré sur le coup et surtout par l’apathie des compères de la défense (1-0, 29e). « Avec ce style de jeu, forcément il y a beaucoup de situations où on laisse des espaces dans la profondeur en cas de perte de balle. », explique Albert Sánchez, l’entraîneur de l’USLD. Dunkerque s’est à plusieurs reprises découvert et ne doit son salut qu’aux interventions de son gardien qui se reprend très bien. Auteur d’une belle envolée sur la frappe de Mehdi Merghem (38e), il a permis aux siens de ne pas lâcher le cap.
Alors en manque d’inspiration sur le plan offensif, c’est finalement sur un ballon mal repoussé par la défense bastiaise, qu’Enzo Bardeli, servi en retrait par Allan Linguet, va d’une frappe limpide du droit remettre les deux équipes à égalité, sur le premier tir cadré de Dunkerque (1-1, 40e). Les Maritimes n’ont pas coulé après l’ouverture du score et ont même eu le mérite de mettre un coup d’accélérateur pour bien finir cette première mi-temps en dents de scie.
Des idées de jeu qui se heurtent à la réalité du terrain
Comme souvent cette saison, et comme beaucoup d’équipes dominantes d’ailleurs, l’USLD a beaucoup de mal à déséquilibrer les blocs bas. Ce jeu basé sur la possession, les permutations et les mouvements perpétuels, ne parvient pas à mettre en difficulté l’organisation des Lions de Furiani. « Bastia est une bonne équipe et défend très bien avec son 5-4-1. Elle gère parfaitement les transitions, les coups de pied arrêtés et laisse très peu d’espaces », louait le technicien espagnol en après-match.

© – François Torbiero / Les Olympistes
La large possession de balle (68 %) n’a pas permis d’aspirer l’adversaire et aucun espace n’a donc pu être créé de cette manière. Des espaces nécessaires pour créer du danger, notamment sur les ailes. En l’absence de ces ailiers qui savent jouer « avec des espaces réduits » (Gessime Yassine transféré à Strasbourg et Marco Essimi blessé), Albert Sánchez n’a plus que la possibilité de faire jouer des profils moins adaptés pour perturber les blocs bas, Morgan Bokele et Aristide Zossou. Un changement dans les profils de joueurs mais qui ne s’est pas assez ressenti dans le jeu, avec des ailiers qui ont été bien trop inoffensifs dans un contexte de possession stérile qui ne leur convenait pas.
Le capitaine Opa Sangante – auteur d’un match très solide en tant que patron de défense – a été le sniper désigné pendant cette rencontre. Très précises mais souvent mal exploitées, ses transversales ont , a minima, immiscé dans les têtes bastiaises cette petite crainte de se faire prendre dans le dos. Cela n’a pas manqué : Tom Meynadier, qui a déjà avalé beaucoup de kilomètres en tant que piston droit, manque le ballon à la suite d’un superbe renversement de jeu de Sangante, une erreur qui profite à Aboubakary Kanté. Fraîchement entré, il voit sa tentative de lob ingénieuse passer à quelques centimètres du but de Johny Placide (81e). Une des seules réelles occasions pour les locaux dans ce match, pourtant, le coach des Nordistes est globalement satisfait du contenu de cette rencontre : « Nous avons bien joué et nous avons été meilleurs que notre adversaire aujourd’hui. Nous méritions de gagner le match. » Toutefois, rien n’est moins sûr du point de vue du danger mis sur la cage adverse (5 tirs cadrés à 2 en faveur des Bastiais).

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Une occasion manquée
Ce match nul ne ternit pas les espoirs de montée pour l’USLD, les Nordistes étant toujours au contact des équipes de tête. Néanmoins, comme après leur victoire face à Pau, les Dunkerquois auraient pu monter à la deuxième place du classement et mettre la pression sur leurs concurrents directs, en attendant leur match du jour. Albert Sánchez tient tout de même à tempérer les ambitions de play-offs et rappelle le statut du club : « Notre objectif est de se concentrer sur le prochain match parce que nous sommes Dunkerque. Nous ne sommes pas comme Saint-Etienne, Reims ou Troyes qui sont des équipes pour monter en Ligue 1. Le but est de remporter le plus de matchs possible, à commencer par celui de Clermont à l’extérieur vendredi prochain. »
Ce qui est sûr, c’est qu’au vu des qualités démontrées par cette équipe depuis le début de saison, elle sera dans le coup jusqu’au bout pour a minima accrocher cette cinquième place, synonyme de barrages d’accession.
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