Belle journée pour la jeune garde au Play-in Challenger de Lille. Entre la démonstration de Moïse Kouamé, la solidité d’Alexander Blockx et les duels accrochés entre Français, le public nordiste a assisté à un concentré de talent et d’intensité. Tour d’horizon d’une journée qui confirme la montée en puissance de la nouvelle génération.

Seulement 16 ans et déjà tellement de talent

L’affiche la plus prometteuse du jour opposait deux joueurs de la next gen : d’un côté l’Américain Nishesh Basavareddy (2005), de l’autre le Français Moïse Kouamé (2009). Dès les premiers échanges, le ton était donné. Les deux hommes étaient prêts à livrer corps et âme pour décrocher leur place dans le dernier carré. Les protégés de Gilles Cervara et Richard Gasquet ont offert un début de match de très haut niveau, dans une ambiance digne du court 14 de Roland-Garros.

Dans les tribunes, une phrase revenait souvent : « Kouamé ? Ce gamin est une anomalie du tennis. » Et difficile de donner tort aux spectateurs. Le jeune Sarcellois a su, malgré ses 16 ans, faire parler ses qualités physiques et mentales face à un Américain pourtant impressionnant depuis le début de la semaine. Mais Kouamé possède ce petit supplément d’âme, ce grain de folie qui distingue les grands espoirs des très bons joueurs.

Moïse Kouamé s’est imposé face à Nishesh Basavareddy
© – Laurent Sanson / Play In Challenger de Lille

Résultat : une victoire nette et sans bavure (6-3, 6-3). Toujours pas le moindre set concédé dans ce tournoi. En demi-finale, il retrouvera son compatriote Luca Van Assche avec l’ambition de s’offrir, à seulement 16 ans, sa première finale en Challenger. La semaine prochaine, il intégrera le Top 400 ATP. Un détail presque anecdotique pour celui qui, comme il le répète, n’a qu’un objectif en tête : devenir numéro 1 mondial.

Van Assche solide, Chidekh combatif

Le duel 100 % français entre Luca Van Assche et Clément Chidekh a tenu ses promesses. Dans une rencontre accrochée, Van Assche a su faire parler son expérience et sa régularité dans les moments clés. Plus solide dans les échanges et plus efficace sur les points importants, il a progressivement pris l’ascendant sur un Chidekh combatif, qui n’a jamais cessé d’y croire. Mais la maîtrise du rythme et la qualité de relance du Français ont fini par faire la différence. Une victoire sérieuse qui confirme la montée en puissance de Van Assche dans ce tournoi.

Luca Van Assche en plein échange face à Clément Chidekh.
© – Laurent Sanson / Play In Challenger de Lille

Duel de serveurs : Kym fait craquer Droguet

Le quatrième Français en lice était le très en forme Titouan Droguet, auteur d’un début de saison tonitruant. Face à lui, le géant suisse Jérôme Kym (1,98 m). Les deux hommes le savaient : ce quart de finale serait un duel de serveurs. Mal entré dans son match, Droguet s’est rapidement retrouvé mené 5-1. Mais le Français a su réagir, enchaînant des jeux de service quasi parfaits pour revenir à 5-4, se procurant même trois balles de débreak à 0-40. Sans succès. Le premier set filait côté suisse (6-4).

Titouan Droguet après sa défaite face à Jérôme Kym.
© – Laurent Sanson / Play In Challenger de Lille

Dans la deuxième manche, le niveau est monté d’un cran. Plus agressif et revanchard, le natif de Villeneuve-Saint-Georges a breaké au meilleur moment pour s’adjuger le set 7-5, relançant totalement la rencontre sous les encouragements d’un public acquis à sa cause. Mais dans le dernier acte, le plus solide mentalement fut Kym. Imperturbable, fidèle à son schéma tactique, avec un coup droit pilonnant sur le revers adverse, le Suisse a fini par faire craquer un Droguet moins tranchant côté revers. Score final : 6-4, 5-7, 6-2. Kym affrontera en demi-finale le Belge Alexander Blockx, tête de série n°4.

Blockx c’est carré !

Le dernier match de la journée opposait le jeune Belge Alexander Blockx, récent vainqueur du Challenger de Canberra, au Français Benjamin Bonzi, finaliste à Pau. Et à Lille, les matchs s’enchaînent et se ressemblent pour Blockx : troisième victoire consécutive sans concéder le moindre set… ni le moindre break. Solide au service, précis du fond du court, le Belge a une nouvelle fois imposé sa rigueur.

Benjamin Bonzi au retour de service face à Alexander Blockx.
© – Laurent Sanson / Play In Challenger de Lille

Bonzi, licencié au Tennis Club de Nîmes, a pourtant tenté d’imprimer son rythme. En vain. Trop de déchet (32 fautes directes) pour espérer inquiéter un adversaire aussi appliqué. Malgré cette défaite, le Français signe un tournoi encourageant et poursuit sa remontée au classement ATP, désormais tout proche du Top 100. Blockx, lui, sera bien au rendez-vous des demi-finales et tentera de confirmer son excellente dynamique.

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Louis Dalifard

© – Laurent Sanson / Play In Challenger de Lille

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