Quand on rêve de NBA, difficile d’ignorer les universités américaines. Après deux saisons en professionnel du côté du BCM Gravelines-Dunkerque, l’Amiénois, Roman Domon a fait le grand saut en posant ses valises à Murray State. Impactant dès son arrivée en National Collegiate Athletic Association (NCAA)1, le gamin du Ch’Nord impressionne et fait grimper sa côte de l’autre côté de l’Atlantique. Zoom sur cet espoir tricolore à l’aide de Candice Challet, son ancienne préparatrice physique.
Matin, basket. Après-midi, basket. Soir, basket. Voilà comment résumer le train de vie de Roman Domon depuis le plus jeune âge. Pur produit du Nord, c’est d’abord à Amiens, dans sa ville natale, que l’ailier tricolore évolue pour les premières fois, avec le ballon orange malgré son amour pour le football et le Paris Saint- Germain.
« Il fallait lui mettre des coups de pieds pour qu’il parte du gymnase » – Candice Challet
Rapidement, sa passion se développe et son talent attire les convoitises des gros clubs de la région. Après un passage par Saint-Quentin, il rejoint ensuite le centre de formation de Gravelines-Dunkerque, où il se développe entre ses 14 ans et son départ pour le Kentucky.

© – Julie Dumélié
En parallèle, l’ailier de 2,07 m découvre également les Bleus dans les catégories jeunes. Il s’y distingue notamment lors des championnats d’Europe U20 2024 et 2025, où il décroche une médaille d’or puis une de bronze, tout en figurant dans l’équipe type de la compétition (édition 2025).
En 2023, il franchit un cap en paraphant son premier contrat pro au BCM avec l’étiquette d’un joueur prometteur qu’il fallait encore polir.

© – FIBA
Candice Challet, actuelle préparatrice physique du club nordiste et qui l’a côtoyée lors de la saison 2024-2025, se souvient : « Au départ, Roman c’était basket à fond, il n’avait jamais trop travaillé physiquement. Au contact, c’était dur. Mais en pro, il a compris que c’était important. Au final , il s’est vachement investi pour s’améliorer et je vois qu’il a encore pris du muscle aux Etats-Unis donc je suis vraiment contente de l’avoir initié à ça. Il fallait juste l’accompagner».
Du Nord au rêve américain
Aujourd’hui, à vingt ans, son parcours professionnel s’écrit loin de la Côte d’opale. Et ce choix s’inscrit dans une tendance que suivent désormais de nombreux jeunes Français, rejoindre les universités américaines pour se confronter aux meilleurs espoirs. Un nouveau vestiaire donc, dans lequel il a dû trouver ses marques : « Dans le vestiaire [du BCM], il était plutôt discret mais jamais seul. C’est un petit rigolo. Il avait besoin d’être en groupe. Il se tournait surtout vers les jeunes, mais il avait besoin du soutien des anciens. » Un nouvel environnement, de nouveaux coéquipiers aussi, à l’image de l’autre Frenchie des Racers2, Mathis Courbon, passé par Roanne la saison dernière.

© – Sonia Barcet
Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’à l’heure actuelle, ce risque s’avère payant. Le premier indice ? Il a déjà hérité d’un surnom. En 31 matchs cette saison, « the french Larry Bird » (clin d’œil à sa coupe de cheveux similaire à celle de l’emblématique joueur des Boston Celtics), cartonne à tous les niveaux. 14,2 points de moyenne avec de beaux pourcentages (près de 50% au global, dont un propre 38,3% derrière l’arc), 5,1 rebonds et des qualités au playmaking qui ne se traduisent pas dans les statistiques, mais qui s’avèrent évidentes.
« Sur le terrain, tu sens tout de suite qu’il a du talent plein les mains. » – Candice Challet
Une réussite individuelle qui est symbolique de la belle dynamique de l’ancienne université du meneur star des Memphis Grizzlies, Ja Morant. Quatrième de la Missouri Valley3 avec un solide bilan (vingt victoires pour onze défaites), Roman Domon et ses coéquipiers ont échoué dans leur quête de March Madness4 en sortant face à la fac d’Illinois-Chicago en quart de finale de leur conférence, sur le score de 92 à 79 (une performance loin de ses standards pour Roman, à onze points 1/11 au tir et quatre pertes de balle).
La NCAA, une simple étape ?
« Bien entouré, il peut vraiment aller loin. Aujourd’hui, la NCAA c’est un tremplin qui je lui souhaite, lui permettra de toucher à son rêve : la NBA ». Il est encore temps de monter dans le train, car Roman Domon n’a pas l’intention de s’arrêter là. Pour sa première saison, le Nordiste a été élu meilleur 6e homme et meilleur freshman5 de sa conférence.
Des distinctions individuelles qui lui permettent d’attirer le regard des recruteurs NBA, mais également des grandes universités américaines.
Si une inscription à la Draft semble quelque peu prématurée, l’Amiénois pourra en revanche céder aux sirènes des prestigieuses facs américaines, une étape qui lui permettrait de gagner encore en exposition et de poursuivre sa progression, à condition d’avoir le temps de jeu nécessaire. « Roman est un joueur qui a besoin de rythme lors des matchs. Il mettait du temps à chauffer. Ce n’était pas le genre de gars, qu’on pouvait lancer trois minutes sur le terrain puis remettre sur le banc. »
L’heure est désormais aux réflexions quant à sa prochaine destination, toutefois une chose est certaine, tous les signaux sont au vert pour Roman Domon aux Etats-Unis.
- Organisation universitaire de basketball ↩︎
- Surnom de la fac de Murray State ↩︎
- Conférence NCAA ↩︎
- Mythique tournoi universitaire regroupant les 64 meilleures facultés ↩︎
- Nom donné aux joueurs effectuant leur première année ↩︎
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