« L’Enfer du Nord », « la dure des dures » : ses nombreux surnoms annoncent la couleur. Ce dimanche 12 avril avait lieu la 123e édition de Paris-Roubaix, la course pavée par excellence. Les 258 kilomètres ont été le terrain de jeu des 247 coureurs au départ de ce troisième Monument de la saison. Une course marquée par de nombreuses chutes et crevaisons, malgré des conditions parfaites. Dans un mano à mano haletant entre Wout van Aert et Tadej Pogačar, le Belge a pris le dessus et s’impose. Il remporte son premier Paris-Roubaix, ainsi que son deuxième Monument après Milan-San Remo en 2020.

L’Enfer du Nord n’a épargné personne

Le départ était donné en fin de matinée à Compiègne. Le début de course, comme à chaque édition, est marqué par de nombreuses attaques, où les baroudeurs espèrent se glisser dans la bonne échappée. Mais le rythme imposé par la formation UAE Team Emirates est trop élevé et personne ne parvient à se détacher. Dès les premiers secteurs pavés, les premiers ennuis mécaniques touchent les favoris, le début d’une longue liste. Tadej Pogačar, Wout van Aert ou encore Filippo Ganna : personne n’y échappe.

Le premier tournant de la course intervient avec la crevaison du tenant du titre, Mathieu van der Poel, dans la trouée d’Arenberg, qui ne parviendra jamais à revenir à l’avant. L’écrémage ne se fait pas à la pédale, mais à la chance. Puis, dans le secteur d’Auchy-lez-Orchies, van Aert et Pogačar font la différence et s’isolent en tête. Le duel est lancé. Un bras de fer qui s’intensifie avec l’enchaînement des derniers secteurs pavés, mais ni l’un ni l’autre ne parvient à faire basculer la course. Tout se joue finalement au sprint, dans le mythique vélodrome André Pétrieux. Dans une ambiance explosive, le coureur de la Visma-Lease a Bike lance son sprint à 150 mètres et s’adjuge son premier Paris-Roubaix.

  Les coureurs sont arrivés épuisés après 258 km de course
© – Etienne Rycek / Les Olympistes

Wout van Aert a rompu sa malédiction 

Le Belge a conjuré le mauvais sort et a enfin remporté son premier Paris-Roubaix. Après des années de galère, où il a enchaîné les places d’honneur, il monte enfin sur la plus haute marche du podium. Pourtant, le coureur de la Visma-Lease a Bike avait déjà flirté avec la victoire sur l’Enfer du Nord. D’abord en 2022, où il avait pris la deuxième place derrière Dylan van Baarle, puis en 2023, où il crève au moment fatidique et doit se contenter de la troisième place. Wout van Aert et Paris-Roubaix, c’est une véritable histoire d’amour, longtemps toxique. Mais le leader de la Visma-Lease a Bike était aujourd’hui en mission. Il a su surmonté toutes les difficultés qui lui barraient le chemin du bonheur. Une victoire qu’il a célébrée en hommage à Michael Goolaerts, l’un de ses coéquipiers décédé lors de son premier Paris-Roubaix en 2018, sous les couleurs de la formation belge Vérandas Willems-Crelan. C’est donc bien plus qu’une simple victoire : c’est une revanche sur la vie. Car aujourd’hui, c’est aussi le succès de tout un peuple belge, longtemps marqué par les désillusions.

Pogačar devra encore patienter

Le Slovène venait ce dimanche pour rafler le seul Monument manquant à son palmarès. Il devra revenir, car il est tombé, pour une fois, sur plus fort que lui. Il réalisait pourtant un début de saison parfait, avec trois victoires en trois courses. Et pas n’importe lesquelles : les Strade Bianche, Milan-San Remo et le Tour des Flandres. Le quadruple vainqueur du Tour de France était en mission sur les pavés du Nord pour remporter, dès cette année, ce cinquième Monument, le seul qui manque à son armoire à trophées. Mais, comme l’année dernière, où il avait terminé derrière Mathieu van der Poel, Tadej Pogačar n’a pas été en mesure de devancer les spécialistes de la discipline. Lui qui cherche à devenir le coureur le plus polyvalent possible, devra continuer à travailler sur ce type de parcours pavé, sans dénivelé, pour espérer décrocher le graal l’année prochaine.

Nul doute qu’il rejoindra un jour Eddy Merckx, Roger De Vlaeminck et Rik Van Looy au rang des seuls coureurs à avoir remporté les cinq Monuments. Reste maintenant à savoir quand.

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Gabin Rolland

© – Etienne Rycek / Les Olympistes

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