Le 30 septembre 2024, l’écurie Alpine annonce la fin de son partenariat avec Renault. Une déclaration sonnant la fin d’une collaboration historique, pas toujours très bien perçue par les employés de l’écurie. 

En cette fin de saison, revenons sur la nouvelle choc annoncée par l’écurie française. L’écurie de Formule 1 Alpine abandonnera officiellement le projet moteur Renault/Alpine après la saison 2025. Si la fin de cette collaboration avait déjà été envisagée sans être actée, cette fois-ci, le gong a véritablement sonné.

À compter de 2026, Alpine s’ouvre à une motorisation cliente et c’est Mercedes qui prendra la relève en devenant le nouveau motoriste de la marque française. L’ancien directeur de l’écurie Bruno Famin avait admis la possibilité de se tourner vers d’autres motoristes l’année passée. Cette décision radicale s’accompagne aussi d’une transformation du site de Viry-Châtillon. Selon le communiqué officiel d’Alpine : « La transformation du site passera par la réallocation des ressources et compétences travaillant actuellement sur le moteur F1 », garantissant de gros changements dans l’organisation de l’écurie. Ce communiqué annonce donc la fin de l’implication de Renault dans la motorisation en F1, quasi continue depuis 1977. 

L’Alpine d’Esteban Ocon sur la piste
© – Alex Davies

Renault et la formule 1, une love story

Dans la seconde moitié des années 1970, Renault fait son entrée dans la discipline en introduisant la motorisation turbo. La marque au losange va révolutionner ce sport en apportant toujours plus d’innovations. Avec un total de 50 pôles et 20 victoires, les moteurs Renault vont devenir les incontournables de cette discipline. Les écuries Williams, Benetton et même Red Bull vont solliciter ces moteurs plus que performants. En 1989, la marque française motorise Williams et remporte 5 des 6 titres constructeurs entre 1992 et 1997. La seule année où le titre échappe à Williams, Renault aura quand même du mérite puisque c’est Benetton, autre écurie utilisant les moteurs de la marque, qui l’emportera.

Renault décide donc de se lancer seul et remporte deux titres constructeurs. En 2021, après de nombreuses critiques, la marque basé en Essonne, décide de se renommer pour partir sur de nouvelles bases. Si son rôle reste inchangé, elle met en avant le prestige d’Alpine. Or, l’annonce du 30 septembre brise cette implication, jusque-là sans faille.

Des salariés incompris

Le communiqué reste une décision difficile à avaler pour de nombreux employés d’Alpine. Dix jours avant que le verdict ne tombe, les salariés se sont entretenus avec Luca Meo, le directeur général du groupe Renault afin de trouver des solutions pour ne pas interrompre les relations. Le 26 septembre, ils tirent la sonnette d’alarme suite au manque de réponse du groupe automobile. Malgré l’opposition unanime du Comité Social Économique (CSE) d’Alpine Racing, la décision de l’écurie s’applique. Ils font entendre leur mécontentement par le biais d’un communiqué engagé : « L’ensemble des représentants du personnel, qui porte la voix des salariés et d’une majorité des parties prenantes, regrette et déplore la décision d’arrêter la motorisation F1 en 2026. »

Dans ce texte, ils expliquent leurs doutes quant à la survie du site de Viry-Châtillon et de la précocité de cette décision « alors même qu’aucune étude sérieuse n’a été menée pour en évaluer l’impact sur les ventes futures et le prestige de la marque ».  Ils ont donc décidé de faire une mobilisation pacifique à l’usine moteur lors de laquelle ils protestent en tribune sans perturber les activités du Grand Prix d’Italie. Ils dénoncent cette décision affirmant que Alpine « passe à côté de son histoire ». Avant ce changement de moteur, l’écurie incarnait encore l’idée de la « F1 à la française ». Cependant, en choisissant Mercedes comme motoriste, l’équipe marque une rupture : l’époque de la fierté nationale en Formule 1 semble désormais révolue.

Au début du mois d’octobre, l’écurie a tenté de faire taire ces mécontentements en affirmant qu’ils se sont tournés vers le championnat 2024, remettant ainsi à plus tard les interrogations et les remarques de chacun.

Anaé Maitrel

© – Alpine F1 Team / X

Une réponse à « Formule 1 : Alpine – Renault, la fin d’une ère »

  1. Superbe article qui relate bien la cruauté du monde financier.

    bravo

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