Un Tour à domicile, mais pas de fête pour Cofidis. Le Grand Départ dans le Nord, à deux pas du berceau de l’équipe à Bondues, aurait pu lancer un Tour de France réussi pour les hommes de Cédric Vasseur. Avec un départ à Lille et des premiers jours dans les Hauts-de-France, la formation nordiste rêvait de frapper fort sur « son » terrain. Implantée dans la région depuis 1996, Cofidis alignait un collectif solide, mêlant expérience et jeunesse : Bryan Coquard, sprinteur attitré, épaulé par Alexis Renard dans les sprints, tandis que les autres – Emanuel Buchmann, Alex Aranburu, Ion Izagirre, Dylan Teuns, Benjamin Thomas et Damien Touzé – formaient un groupe de baroudeurs chargés d’aller chercher les échappées et les victoires d’étapes. Pas de leader pour le classement général, mais des ambitions claires : animer la course, marquer des points, et porter haut les couleurs rouges et blanches.
Une lueur d’espoir à l’horizon
Dès la première étape, Benjamin Thomas a fait sensation. Malgré une chute sur les pavés du Mont Cassel, il a réussi à continuer la course et à prendre le maillot à pois, qu’il a enlevé à Mattéo Vercher. Il a porté ce maillot pendant une journée avant de le perdre dès la deuxième étape, au profit de Tadej Pogačar, qui a rapidement pris le contrôle du classement de la montagne. Ce court passage en tête du classement à pois a offert un beau moment à Cofidis et à ses supporters dans la région. Cette visibilité a permis à l’équipe de bénéficier d’une belle exposition médiatique et du soutien chaleureux du public local, ravi de voir ses coureurs se battre sur leurs routes. De son côté, Bryan Coquard, sprinteur attitré, a signé une belle performance avec une 7e place sur la 7e étape à Laval, avant d’être freiné par une blessure qui l’a contraint à abandonner… Mais cette dynamique lancée à domicile s’arrête dès la sortie du nord de la France, plongeant Cofidis dans un enchaînement de désillusions et de problèmes jusqu’à Paris.

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Un dur retour à la réalité
Malgré un début encourageant, la formation nordiste n’a malheureusement pas réussi à transformer ses espoirs en résultats concrets lors de ce Tour. L’équipe n’a décroché aucune victoire d’étape, un manque criant pour une formation expérimentée. Pire encore, elle est la seule équipe de ce Tour de France à n’avoir décroché aucun top 5. Plus globalement, Cofidis, qui occupait la 19e place au classement UCI avant le départ, avait un besoin urgent de marquer des points pour remonter dans la hiérarchie. Pourtant, jour après jour, cette opportunité s’est peu à peu envolée.
Sur le plan financier, le constat est tout aussi décevant : à la fin de la deuxième semaine, l’équipe ne comptabilise que 9 000 € de primes, la plaçant avant-dernière du classement. Un chiffre révélateur de la discrétion du collectif sur la route. La formation en rouge et blanc a notamment souffert de son manque d’initiative, avec quasiment aucune échappée prise sur les trois semaines. Un déficit d’agressivité qui a freiné toute chance de coup d’éclat.
À cela s’est ajoutée une affaire dont l’équipe se serait bien passée. Lors d’un sprint intermédiaire, Bryan Coquard a involontairement provoqué la chute du Belge Jasper Philipsen, l’un des meilleurs sprinteurs du peloton et maillot vert à cet instant. Ce dernier, blessé, a dû abandonner. Si Cofidis n’a pas été lourdement sanctionné (simplement un carton jaune pour Coquard), l’incident a provoqué un fort retentissement médiatique, projetant l’équipe sous les projecteurs pour de mauvaises raisons. De quoi alourdir encore un peu plus une ambiance déjà morose.
Un Tour de France à oublier, mais pas sans enseignements
Le Tour de France 2025, qui avait bien débuté pour les hommes de Cédric Vasseur, était l’occasion de se relancer dans une saison compliquée. Mais l’événement s’est vite transformé en un enchainement de résultats décevants.
Pour autant, tout n’est pas à jeter. La formation française aura rapidement une chance de rebondir dès la Vuelta, où elle sera alignée avec l’ambition de montrer un tout autre visage. En parallèle, la fin de saison avec les classiques et les courses d’un jour reste une opportunité majeure de redorer le blason et d’engranger les points manqués en juillet. L’effectif possède les qualités pour mieux faire. À condition d’apprendre de ses erreurs, d’oser davantage, et de remettre de l’envie dans les jambes, comme dans la stratégie.
Car si ce Tour a été une claque, il peut aussi servir de déclic. Pour que l’équipe nordiste retrouve enfin le chemin de la victoire, et reprenne sa place dans le peloton mondial.
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