Le président du LOSC est devenu, ce jeudi 2 octobre, le président du collège de Ligue 1. Il devance de quelques voix seulement son homologue du Paris FC, Pierre Ferracci, et continue de prendre du galon au sein du football français. Avec ce nouveau rôle, il devra représenter et défendre les intérêts des clubs de Ligue 1 lors des grandes décisions de la Ligue professionnelle de football (LFP) ainsi que celles de la Fédération française de football (FFF). C’est donc l’occasion de revenir sur cet homme, ambitieux et acharné de travail, mais profondément humain, qui devient peu à peu le visage moderne du football français.
Un passage mitigé au PSG avant de faire briller Rennes
En tant que directeur sportif du Paris Saint-Germain, le natif du Mans n’a pas laissé un souvenir impérissable dans la capitale. Pour sa première expérience dans un grand club, il a montré de grosses limites dans le recrutement ainsi que dans la gestion de l’effectif. Son duo avec Patrick Kluivert, lui en tant que « directeur du football », un poste fantoche, a été pour le moins chaotique.
Mais c’est à Rennes qu’Olivier Létang montre enfin ses qualités, cette fois-ci en tant que président de club. La première, le choix des hommes pour gérer l’équipe. Les supporters se souviennent d’Olivier Létang comme celui qui leur a ramené le technicien Julien Stéphan. Coach marquant ayant mené les Rennais au sacre en Coupe de France en 2019 face au PSG (premier trophée depuis 1971 pour le club breton). Ce n’est pas non plus un hasard si le Stade Rennais connait sa saison la plus faste en coupe d’Europe sous l’ancien Parisien. Avec une première qualification en phase à élimination directe, en battant notamment Arsenal 3-1 en huitième de finale aller, avant de quitter la compétition au match retour.
Olivier Létang, le sauveur du LOSC
C’est véritablement la période lilloise qui fait entrer Olivier Létang dans la cour des grands présidents de club français. Il reprend le club le 18 décembre 2020 après le passage lamentable de Gérard Lopez, un entrepreneur luxembourgeois possédant d’autres clubs, avec plus de 400 millions de dettes à rembourser. Le club est au bord de la faillite et de la disparition, mais Olivier Létang arrive à redresser le club financièrement et sportivement.
Et pas qu’un peu. Puisqu’en mai 2021, le LOSC est sacré champion de France pour la quatrième fois de son histoire en devançant le PSG d’un petit point au classement. Dans une saison aussi folle qu’étrange, avec des tribunes souvent limitées en raison du Covid-19, le LOSC s’est sauvé de la mort et peut entamer un nouveau cycle de la plus belle des manières. En cette même année, le journal sportif italien Tuttosport lui décerne le prix de meilleur président d’Europe. Sa méthode est reconnue au-delà des frontières.

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Le LOSC, un club moderne
Le club version Létang redevient un modèle de formation en Europe. Souvent oublié au profit des centres de formations lyonnais et rennais, celui du LOSC n’est pas en reste. Ce dernier a vu passer ces dernières années les Français Lucas Digne, Martin Terrier, Lucas Chevalier, Benjamin Pavard ou encore Leny Yoro. Autant de noms qui auront rapporté des dizaines de millions au club nordiste.
Mais les Dogues savent également faire de très bons coups sur les mercatos récents. Dénicher la perle rare, la valoriser et la vendre cinq ou dix fois la valeur du transfert initial. Et les exemples ne manquent pas. Nicolas Pépé, ailier ivoirien acheté 18 millions d’euros au SCO d’Angers, revendu 65 millions d’euros à Arsenal. Victor Osimhen, buteur ramené de Charleroi pour 18 millions, vendu pour 80 millions d’euros à Naples, vente la plus importante du club. Rafael Leao, acquis pour 20 millions d’euros depuis le Sporting Portugal, échangé contre 50 millions d’euros à l’AC Milan.

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Avec la crise des droits TV du championnat français, le LOSC s’assure un avenir moins difficile que ses rivaux. Et ce, malgré qu’il n’y ait aucun mécène derrière le club, contrairement à ces derniers. Le PSG est la propriété des fonds qataris, l’OM est détenu par l’Américain Frank McCourt, Monaco profite d’une situation fiscale très avantageuse et l’OL compte sur la milliardaire Michele Kang pour le remettre d’aplomb. À Lille, on a pas d’énormes liquidités, mais des idées.
Et ces idées-là sont bonnes. Excellentes, même. Car depuis l’arrivée d’Olivier Létang, le LOSC a connu un titre de champion de France en 2021 et plusieurs campagnes européennes. La plus mémorable ? L’année dernière, évidemment, durant laquelle le LOSC finit dans les huit premiers de la phase de ligue de la Ligue des champions, en ayant battu le Real Madrid, la Juventus de Turin et l’Atlético de Madrid.

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Pourtant le profil d’Olivier Létang ressemble à ce que l’on a déjà vu en Ligue 1. En quoi diffère-t-il d’un Jacques-Henri Eyraud, qui a échoué à l’OM il y a quelques années ? Le premier est passé par l’ESSEC, le second par Harvard, on aurait donc pu penser qu’ils sont du même monde. Mais non. Olivier Létang ne se réclame pas des technocrates comme son ex-homologue marseillais, lui qui voulait donner deux buts lorsqu’une équipe marquait en dehors de la surface… Le natif des Pays de la Loire a une vision long terme du football, car il en est amoureux. Lui, l’ancien joueur de Reims, qui rêvait de la Ligue des Champions jours et nuits, fait aujourd’hui rêver les supporters du stade Pierre-Mauroy.
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