Après seulement une petite victoire pour six défaites en championnat, Saint-Quentin devait relancer la machine face à Nancy ce samedi. Les dernières rencontres face à Mulhouse en coupe, ou Monaco la journée passée, présageaient un combat serré. Ce fut 40 minutes intenses, mais une nouvelle défaite à la clé, 72-84, et un bilan forcément contrasté.

Le match débute dans un rythme lent et haché, les deux attaques s’organisent face à des défenses très agressives. Elles jouent la carte du tir à 3 points à répétition afin de les étirer. Pourtant, c’est Nancy qui prend l’avantage dans la bataille défensive, porté par une envie collective de mettre de l’impact et de couper les lignes de passes. Cette agressivité s’illustre dans la difficulté du meneur saint-quentinois Nick Johnson à produire du jeu, muselé par les extérieurs nancéens.

Côté SLUC, le meneur Landers Nolley II, actuel meilleur marqueur du championnat, est bloqué individuellement au milieu d’un système mis en place par le staff de Saint-Quentin. Mais l’Américain survole tout de même la première partie du match de par son talent et sa lecture de jeu parfaite. Il réalise 7 passes décisives à la pause. Les joueurs rentrent au vestiaire sur un score de 38-43 avec des Saint-Quentinois qui courent vaillamment après le score.

Un retour des vestiaires complètement raté

C’est malheureusement une déferlante qui va s’abattre sur le Palais des sports Pierre-Ratte au retour des vestiaires. Le secteur extérieur du SQBB croule sous l’intensité défensive des Nancéens, qui passe encore un cap en ce début de deuxième mi-temps. La paire Nolley II – Flemming Jr fait la pluie et le beau temps sur le terrain (36 points et 16 passes décisives pour les deux Américains cumulés), et les hommes de Philippe Da Silva finissent le 3e quart temps à 22 unités de leur adversaire.

Eddie Ekiyor face aux joueurs du SLUC de Nancy
©Zadig Allorent / Les Olympistes

Quelques bons momentums et une poussée d’orgueil trop tardive feront espérer les 3000 supporters du SQBB, mais rien ne soigne l’hémorragie du précédent quart temps. Les Phoenix s’inclinent 72-84.  Seule note positive : la grosse performance de l’intérieur canadien Eddie Ekiyor, qui fait honneur aux soutiens des fans de par son énergie et son scoring très satisfaisant.

« Mouiller le maillot, mouiller le maillot ! »

Plusieurs fois durant la rencontre, les supporters de Saint-Quentin ont montré leur mécontentement. Mais c’était sans compter la pluie de sifflet étouffante, tombant des tribunes de Pierre-Ratte, à la fin des 40 minutes réglementaires. La tension était déjà palpable, il y a deux semaines, à l’occasion de la défaite face à Nanterre 92. Cette fois-ci, le début du tour d’honneur des hommes de Da Silva s’est accompagné d’un « mouiller le maillot, mouiller le maillot », symbole d’un ras-le-bol général des fans des Phoenix, et porteurs de revendications quant à leur attitude sur les parquets.

Les White Devils et les Blue Phoenix, lors du match opposant Saint-Quentin à Nancy.
©Zadig Allorent / Les Olympistes

En conférence de presse, Philippe Da Silva s’est montré agacé, mais pas résigné : « Il faut un vrai réveil en tant qu’équipe […] il va falloir être solide. » Le Franco-Portugais s’est adressé à son équipe, souhaitant voir plus d’envie collective, et davantage d’entraide entre ses joueurs. « Les supporters montrent leur mécontentement. Il faut le respecter, les fans payent leur place, ils attendent qu’on se batte. » Côté joueur, l’arrière de Saint-Quentin Nick Johnson, en difficulté ce soir, sait qu’il doit prendre la place de leader au sein de ce groupe encore tout nouveau : « Je suis un compétiteur, je dois prendre des tirs, organiser des actions, c’est ma faute. »

Le SQBB est donc attendu au tournant. Mais la santé de l’équipe pose question, autant dans le jeu que dans l’attitude, un constat partagé par de nombreux supporters après le match. Samedi prochain, c’est Cholet qui se déplacera dans l’Aisne, un adversaire coriace du haut de tableau. L’objectif du maintien reste concret, mais la forme n’est pas optimale durant cette première partie de saison.

Enzo Goudou-Sinha, le retour triomphant

Joueur du Saint-Quentin Basketball la saison passée, Enzo Goudou-Sinha était de retour pour la première fois à Pierre-Ratte en championnat. Il était déjà revenu en terres axonaises en octobre dernier, pour la Coupe de France (victoire de Saint-Quentin 102 à 72). Un retour plus heureux cette fois-ci pour lui, qui est allé saluer, tout sourire, les supporters des Phénix, ce qui lui a même valu d’être attendu en conférence de presse. Le meneur demande d’ailleurs à ses anciens supporters d’être « patients » avec cette nouvelle équipe, en réponse aux huées en fin de match.

Enzo Goudou-Sinha saluant ses anciens supporters.
©Zadig Allorent / Les Olympistes

Il insiste, en rappelant que c’est d’eux [les supporters] dont l’équipe a le plus besoin pour gagner. Le numéro dix a ensuite poursuivi en rappelant que rien n’était encore joué, et qu’on venait à peine de dépasser le quart de la saison. Preuve de son amour pour le club, Enzo Goudou-Sinha a longuement remercié les dirigeants, les supporters ainsi que ses anciens coéquipiers, qu’il est déjà impatient de retrouver l’an prochain. Et ce n’est pas le seul à avoir été autant marqué par l’amour offert par la ville de Saint-Quentin. Il y a deux semaines, Julien Mahé et Mathis Dossou-Yovo avaient également remercié le club et ses supporters pour leurs années passées au club.

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Zadig Allorent, Timothé Dechaux & Martin Haristouy

©Zadig Allorent / Les Olympistes

Une réponse à « Basketball : Dépassé face à Nancy, le SQBB enchaîne une quatrième défaite consécutive en Betclic Elite »

  1. […] Après la nouvelle défaite, samedi dernier, face à Nancy, Philippe Da Silva était apparu très remonté en conférence de presse, comme lors du match face à Nanterre, et n’avait pas caché son mécontentement face à l’attitude de ses joueurs. Il y a trois semaines déjà, la rupture semblait évidente entre l’entraîneur et ses joueurs. En effet, après ce match, Giovan Oniangue expliquait qu’il fallait que les joueurs se retrouvent, notamment en dehors du parquet, pour tenter de créer un collectif. Une vision que ne partageait pas Philippe Da Silva qui souhaitait que ses joueurs se concentrent plus sur le jeu. […]

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