« Dura lex, sed lex1 », voici une locution latine que devraient prendre en considération certains athlètes professionnels. En dépit des règles leur interdisant formellement les paris sportifs, plusieurs compétiteurs continuent de les enfreindre. Une pratique qui a secoué le monde de la NBA, la semaine dernière, menant à l’arrestation d’une trentaine de personnes. Jetant une ombre sur l’intégrité des rencontres, ces manquements envoient un message négatif aux jeunes générations, allant en plus, à l’encontre des valeurs du sport.
L’interdiction des paris sportifs pour les acteurs des différentes disciplines s’appuie sur une législation claire. Que ce soit en France ou à l’international, tout est mis en place pour veilleur au bon déroulement des matchs et compétitions.
Selon les bases de l’article L131-16 du Code du Sport, les fédérations en France, bénéficient des compétences pour faire respecter cette interdiction. Susceptibles d’être sanctionnées, ces infractions concernent à la fois les athlètes, les entraîneurs, les dirigeants, et même dans certaines circonstances, l’entourage de ces personnes. Les risques encourus vont d’une simple suspension, à des amendes, jusqu’à des représailles en voie pénale.
A l’international, des instances telles que le Comité international olympique, fixent ces règles afin de lutter contre les dérives de cette pratique. Malgré la mise en place de ces dispositifs stricts, nombreux sont ceux qui passent outre la loi.

© – AFP/Fabrice Coffrini
Le dernier exemple en date : la NBA
Même dans un écosystème aussi scruté que la NBA, des polémiques peuvent éclater. La preuve, le 23 octobre dernier, le FBI a mené plusieurs arrestations dans le cadre de deux enquêtes fédérales distinctes sur les paris sportifs illégaux, mais également sur des parties de poker clandestines. Au total, plus de dix millions de dollars sont en cause provenant de nombreux faits pouvant dater de plusieurs années. Parmi les personnes interpellées, on retrouve notamment l’ancienne star des Detroit Pistons, Chauncey Billups alors coach des Portland Trail Blazers au moment des faits et Terry Rozier, joueur explosif du Miami Heat. Des accusations auxquelles a vite réagi la NBA, qui a explicitement demandé la mise à pied des deux protagonistes.
Pour l’ancien meneur de jeu, c’est les parties de poker truquées en lien avec la mafia qui sont pointées du doigt. Pour le combo-guard2 de 31 ans, il serait impliqué dans le trucage d’une rencontre. À l’approche d’une rencontre de saison régulière l’opposant au New Orleans Pelicans, le 23 mars 2023, Terry Rozier aurait suggéré à son ami Deniro Laster de miser sur une mauvaise performance de sa part. Résultat, le joueur simule une blessure au pied avant de sortir au bout de neuf minutes. Des dizaines de milliers de gains plus tard, le joueur est arrêté pour infraction au règlement.
Cette affaire fait écho au cas de Jontay Porter, ancien ailier fort des Memphis Grizzlies et des Toronto Raptors, qui a été banni à vie de la NBA, en 2024, après avoir reconnu enfreindre les règles liées aux paris sportifs à de multiples reprises.

© – Rick Osentoski / USA Today Sports via Reuteurs Con
Un cas loin d’être isolé
La sphère NBA et le basketball en général ne sont pas les seuls milieux touchés par cette problématique. Les planètes football et tennis sont également agitées depuis la reprise des différentes compétitions.
« L’une des pages les plus sombres de l’histoire du football turc », voici comment le club de Trabzonspor qualifie cette affaire. La Fédération turque de football (TFF) a révélé le 27 octobre que plus d’une centaine d’arbitres, dont certains officiants en première division, étaient impliqués dans des affaires de paris sportifs. La situation a plongé le championnat dans une crise de confiance, avec un environnement marqué par la suspicion et la contestation à l’égard de l’arbitrage. Le mot d’ordre selon Ibrahim Hacıosmanoğlu, président de la TFF, est de : « Nettoyer le football de toute trace de corruption. »

© – AFP
Dans les cinq grands championnats de football, de nombreux cas ont été recensés. En octobre 2023, Sandro Tonali (aujourd’hui à Newcastle, mais au Milan AC au moment des faits) et Nicolo Fagioli (Fiorentina), deux internationaux italiens de Serie A, avaient été rattrapés, les éloignant des terrains pendant quelques mois. Une affaire qui a rejailli cette année, visant de nouveaux noms tels qu’Angel Di Maria et Leandro Paredes, tous deux passés par le Paris Saint-Germain, qui évoluaient à la Juventus de Turin à cette époque. Du grabuge s’était également fait ressentir de l’autre côté de la Manche. Blanchi au mois de juillet, l’ancien milieu offensif lyonnais, Lucas Paquetá, était suivi depuis des mois dans une affaire de paris truqués.
La petite balle jaune est loin d’être épargnée par les manipulations liées aux paris clandestins, faisant du tennis une cible privilégiée pour les réseaux criminels. Le 20 octobre dernier, le parquet de Marseille annonçait que cinq personnes étaient mises en examen. Présumées membres d’un réseau international opérant depuis la Bulgarie, elles étaient soupçonnées d’influencer le résultat des rencontres. De 2018 à 2024, ce stratagème aurait rapporté plus de 800 000 euros, en faisant appel à des joueurs au-delà du top 100, avec comme consigne de perdre un set ou le match. Sujets de menaces et d’intimidations, les joueurs sont pris en grippe par les parieurs qui mettent en danger l’intégrité du sport. Jeu, set et corruption.
Un phénomène donc loin d’être résolu, qui pourrait nécessiter une surveillance et un contrôle de plus en plus accru. Acteurs de ce milieu, respectez-en les valeurs pour le bien de vos disciplines.
- Locution latine signifiant : « la loi est dure, mais c’est la loi » ↩︎
- Joueur combinant à la fois les qualités d’un arrière et celles d’un meneur de jeu ↩︎






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