Le rendez-vous tant attendu par les centaines de millions d’Américains et de passionnés de football américain à travers le monde avait lieu en ce 8 février 2026 à Santa Clara, dans la baie de San Francisco. Un grand soleil, près de 80 millions de wings de poulet frits, et les deux meilleures équipes de la ligue cette saison : tout était réuni pour nous concocter ce show dont seuls les Américains ont le secret. Dans des Etats-Unis divisées, même la programmation de Bad Bunny pour le show de la mi-temps fait polémique. Dans un match qui aura mis du temps à s’animer, les Seahawks de Seattle sont finalement venus à bout des Patriots, sur le score de 29 à 13.
Dans une première mi-temps d’observation, les défenses sont à l’honneur. Les seuls points inscrits le sont par l’intermédiaire du kicker de Seattle Jason Myers, qui a réussi ses trois field goals (coups de pied entre les poteaux) pour mener 9 à 0 à la pause. Mais à part ces uniques éclaircies des Bleu et Vert, les drives (séquences offensives) ont été réduits à néant, notamment grâce à une agressivité défensive qui a empêché toute tentative de se rapprocher de la zone d’en-but et d’espérer marquer un touchdown. Les cornerbacks (défenseurs couvrant les passes longues) Devon Witherspoon et Christian Gonzalez se sont montrés impériaux, perturbant massivement les avancées à la passe.

© – AP Photo/Charlie Riedel
Lors de la seconde mi-temps les sacks (plaquages sur le quarterback) et les turnovers s’accumulent. Mais, à la différence des joueurs en bleu et blanc, les hommes de Seattle parviennent à se rapprocher de l’en-but une nouvelle fois et inscrivent un nouveau field goal.
Le match se décante enfin dès le début du dernier quart-temps. Les Seahawks inscrivent leur premier touchdown grâce à AJ Barner, mais les Patriots répondent immédiatement par l’intermédiaire de Mack Hollins : la finale est véritablement lancée. Les Patriots poussent, mais se font piéger à leur propre jeu, avec une interception à huit minutes de la fin. Les Vert et Bleu ne se privent pas et déroulent avec un nouveau touchdown défensif (interception suite à un plaquage puis touchdown) et des field goals, Jason Myers dépassant au passage le record du nombre de field goals inscrits lors d’un Super Bowl. Le trophée rejoint donc la vitrine des Seahawks !
Top : La défense de Seattle a montré la voie
Les Seahawks arrivaient au Super Bowl avec la réputation de meilleure défense de la saison régulière, et ils ont pleinement assumé ce statut. Intouchables durant trois quart-temps, ils ont empêché l’attaque des Patriots de franchir leur moitié de terrain. Grâce à un Whiterspoon flamboyant, auteur de deux sacks sur Drake Maye en première mi-temps, ils ont forcé leurs adversaires à se rabattre sur le jeu au sol, ce qui a considérablement ralenti leur progression. Au football américain, lorsque l’adversaire n’arrive pas à marquer, il faut punir. C’est exactement ce qu’a fait l’attaque de Seattle, inscrivant progressivement des points à coups de field goals pour creuser l’écart et prendre le large.
Flop : Drake Maye, le futur Tom Brady a eu la main fébrile
Drake Maye était attendu comme le messie, comme le successeur du grand Tom Brady, vainqueur de six titres entre 2001 et 2018. Mais le troisième choix de la draft 2024 n’a pas été à la hauteur du rendez-vous. Déjà sous pression lors des matchs de playoffs précédents, Maye arrivait à San Francisco avec la responsabilité de porter son équipe jusqu’au titre. Mais il n’en sera rien. Il a d’abord subi six sacks (plaquages sur le quarterback), certes pas aidé par sa ligne de protection. Mais même lorsqu’il a eu la possibilité de lancer, il n’a pas su se montrer adroit (26 passes réussies sur 43 tentatives), subissant notamment deux interceptions. Lui qui aurait dû ouvrir la voie et régaler ses coéquipiers a enchaîné les mauvaises décisions, ne permettant pas à son équipe de recoller au score. Espérons que cette première finale perdue, du haut de ses 23 ans, ait le même effet que pour Tom Brady et lui permette de progresser, jusqu’à, peut-être, atteindre un jour le niveau de son illustre prédécesseur.

© – AP Photo/Matt Slocum
Un show de la mi-temps exceptionnel aux influences portoricaines
C’est le moment que personne ne voulait manquer, car le Super Bowl ne l’est pas sans son célèbre concert de la mi-temps. Pour cette soixantième édition, le chanteur portoricain Bad Bunny était aux commandes du spectacle, et il a été au rendez-vous. Dans un climat plus que tendu, où l’Amérique ne cesse de se diviser depuis l’accentuation des arrestations des populations d’origine hispanique sur le territoire de l’Oncle Sam, la programmation de Bad Bunny apparaissait comme une provocation envers l’administration Trump.

© – AP Photo/Lynne Sladky
Pourtant, grâce à une scénographie exceptionnelle mettant en avant les influences des pays hispanophones d’Amérique, le rappeur n’a cessé de prôner le vivre-ensemble et l’unité, avec des messages tel que « la seule chose plus forte que la haine est l’amour. » Avec une setlist rassemblant tous ses principaux hits, le plus grand vendeur de l’année a répondu présent au rendez-vous. Il a réussi à enflammer le Levi’s Stadium avec des sons reggaeton tous plus entraînants les uns que les autres, accompagné d’invités VIP tels que Lady Gaga et Ricky Martin. Le premier show de la mi-temps 100 % en Espagnol a tenu toutes ses promesses et a fait danser l’Amérique, qui a momentanément mis de côté les divisions marquantes qui ne cessent de s’accroître sur le territoire américain.
Une saison haletante pleine de surprise
Après le sacre des Eagles sur les Chiefs lors du Super Bowl LIX, on pouvait se demander si l’on assisterait à une nouvelle dynastie portée par les hommes de Philadelphie. Mais la saison 2025-2026 de la NFL a regorgé de surprises, avec l’émergence de nouvelles franchises dominantes qui sous-performaient ces dernières années.
C’est notamment le cas des Chicago Bears, qui ont atteint les playoffs pour la première fois depuis 2018, ou encore des Patriots, qui ont atteint le Super Bowl cette année alors qu’ils affichaient un bilan de quatre victoires pour treize défaites l’an passé. Cette saison, la NFL a également été le théâtre de l’éclosion de nouveaux rookies, comme Jalen McMillan (receveur des Panthers de Caroline), et a été l’année de la confirmation pour Caleb Williams et Drake Maye.
Cette saison nous a donc réservé de nombreuses surprises et démontre aux franchises sous-performantes que la hiérarchie se redéfinit chaque année, surtout après la draft (sélection des jeunes joueurs universitaires).
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