C’est un Opalico. Un petit derby du Nord. Le genre de match qui transcende une équipe même lorsqu’elle ne joue plus rien au classement. Boulogne-sur-Mer et l’USL Dunkerque se retrouvaient au Stade de la Libération ce lundi en clôture de la 32e journée de Ligue 2. Dans une soirée très prolifique en buts, Dunkerque renoue avec le succès et met fin à sa spirale négative. Une claque 2-6 qui résonnera longtemps sur la Côte d’Opale.
En panne de succès depuis huit matchs, l’occasion rêvée de faire oublier une longue disette s’offrait aux Dunkerquois. Les centaines de supporters qui ont fait le déplacement font du bruit en tribune. Un bruit qui est éclipsé par le stade entier. La capitale de la Côte d’Opale attend ce rendez-vous depuis longtemps. Après avoir été éliminé cruellement aux tirs au but en novembre dernier en Coupe de France, Boulogne reçoit son ennemi le couteau entre les dents. En confiance après n’avoir connu qu’une seule défaite sur leurs sept derniers matchs, les Boulonnais veulent faire rêver leur public et finir la saison en beauté, eux qui ont définitivement acquis leur maintien ce week-end. La tension est électrique dans les tribunes, les joueurs sont attendus au tournant. Le derby du Littoral s’annonce bouillant.
Une mi-temps boulonnaise au goût amer
Les premières minutes de la rencontre sont boulonnaises. Les joueurs de Fabien Dagneaux mettent le pied sur le ballon. Et cela se concrétise sans plus attendre. Sur un centre bien amené côté gauche, Adrien Pinot coupe de la tête au premier poteau (1-0, 8e). Mais la joie fut de courte durée dans les tribunes de Libération. À peine remis de leurs émotions, les Dunkerquois égalisent grâce à Thomas Robinet qui reprend avec justesse un centre en retrait d’Enzo Bardeli (1-1, 13e). Tout est à refaire pour Boulogne. Dunkerque se remet la tête à l’endroit.

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Les spectateurs auraient pu penser que ces deux buts marqués très tôt auraient décousu la rencontre. Ce fut tout le contraire. Les deux équipes ont peur de se découvrir et prennent le minimum de risques. Les Maritimes ont du mal à se projeter, la faute à un manque de justesse technique. Malgré tout, ils punissent leurs adversaires du jour et ennemis de toujours sur une situation anodine (Vincent Sasso, 1-2, 37e). Une de plus. Deux occasions en première mi-temps et deux buts. L’armada offensive est d’une efficacité redoutable, presque cruelle. Les Boulonnais rentrent au vestiaire en ayant rendu une copie intéressante. Ce sont eux qui ont mené le jeu à leur compte, ils se sont créés des occasions, sans pour autant réussir à les terminer. À ce niveau, cela ne suffit pas et les erreurs sont sanctionnées directement. Le professionnalisme et le réalisme des Dunkerquois ont logiquement puni les locaux.
Un festival offensif
Si les Dunkerquois sont bien payés au vu de la physionomie de la première mi-temps, le contenu proposé en seconde est plus consistant. Boulogne n’a plus les occasions qu’elle avait et l’USLD est meilleure dans l’utilisation du ballon. Mais ce qui est le plus frappant, c’est l’efficacité devant le but. Il en faut très peu aux Maritimes pour enfoncer le clou. Après une grossière erreur de main du portier boulonnais Blondy Nna Noukeu sur corner, Vincent Sasso signe un doublé d’une magnifique reprise dans la surface (1-3, 64e).
Et le cauchemar n’en finit plus de durer pour les locaux. Coupable d’une sévère semelle sur Victor Mayela, Demba Thiam écope d’un carton rouge et laisse ses coéquipiers à dix (67e). Dunkerque semble maîtriser la rencontre. Mais les Boulonnais, « déterminés à bien faire dans ce derby », comme l’a affirmé leur coach Fabien Dagneaux, n’abdiquent pas. Ils réduisent l’écart grâce à Martin Lecolier, bien placé au second poteau sur le corner, qui conclut sereinement après une déviation de Nolan Binet (2-3, 72e). L’ambiance est explosive dans la tribune Ribéry, les supporters y croient dur comme fer, mais les visiteurs restent trop solides. En plus de la maîtrise technique du collectif, l’arrière-garde dunkerquoise ne flanche pas : « Nous avons été plus compacts et équilibrés défensivement dans ce match », confirme l’entraîneur Albert Sánchez.
Ce qui ne s’arrête pas non plus, c’est leur insolente efficacité. Thomas Robinet, servi sur un plateau par Théna Massock, scelle le match d’un superbe piqué devant le gardien (2-4, 81e). La rencontre est pliée, d’autant plus que l’enjeu au classement était faible. Toutefois, cette rencontre reste un derby du Littoral. Les Maritimes ne se privent donc pas d’une fin de match pop-corn pour enfoncer leur ennemi boulonnais. Les jeunes Théna Massock (2-5, 90+2e) et Maedine Makhloufi (2-6, 90+3e) alourdissent le score pour finir cette soirée en beauté. Tous deux inscrivent leur premier but en professionnels.

© – @usldunkerque
Une soirée où l’USLD a su se remobiliser et s’élever au niveau de l’importance symbolique du match : « Je suis très content pour nous et pour nos supporters. C’est un match spécial pour eux. C’est important de finir la saison comme ça avec de bonnes sensations », se ravit le technicien dunkerquois. Dans cette soirée, c’est évidemment le score qui est remarqué de prime abord. Mais ce que l’on peut retenir également, c’est le comportement de l’équipe de Dunkerque. Elle a su revenir aux fondamentaux du jeu pour retrouver le goût de la victoire : « La tactique c’est très important, mais maintenant nous sommes à un moment où ce qui compte le plus c’est la mentalité, la combativité et la solidarité », souligne Albert Sánchez. Des qualités qui leur seront nécessaires pour enchaîner face à Grenoble et Nancy, les deux derniers adversaires de la saison.
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