« La France n’est pas un pays de sport. » Voilà ce qu’a osé dire Florian Grengbo, cycliste professionnel et médaillé olympique à Tokyo en vitesse par équipes, sur ses réseaux sociaux le 10 septembre dernier. Entretien avec ce Tricolore, confronté à des problèmes financiers, et ce, malgré son statut d’athlète de haut niveau.

Champion du monde juniors en 2017 et troisième aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021 dans la même discipline, Florian Grengbo fait partie des cyclistes les plus puissants du monde. En effet, le pistard est le démarreur de l’équipe de France en vitesses par équipes. Ainsi, il passe de 0 à presque 80 km/h en moins de 17 secondes, devant donc produire plus de 2 000 watts. Pourtant, le jeune homme de 25 ans est bientôt au chômage. « En 2026, je ne suis pas sûr de reconduire mon contrat d’aide à l’ANS [NDLR : Agence nationale du sport] à hauteur de 15 000 euros » explique-t-il avant d’ajouter : « D’une autre part, parce qu’un des sponsors du club, mécène, se retire du club. Du coup, on ne peut plus financer ce poste. »

Un appel à l’aide

Dépassé, le Français a posté il y a quelques jours une vidéo où il contredisait Kev Adams et Léa Salamé, qui expliquaient au nageur Florent Manaudou que la France était bel et bien un pays de sport. Visionné plus d’un million de fois, son témoignage a été un véritable carton. « Le débat avait déjà été soulevé plusieurs fois. Moi, j’apporte juste ma pierre à l’édifice. Je suis vraiment content que ça ait une grande résonance. C’est important de parler de ce sujet-là. »

En France, les pistards ne possèdent pas le statut de « sportif professionnel » contrairement aux footballeurs ou basketteurs par exemple. Ainsi, ils n’ont pas d’équipes qui les financent chaque mois. Pour être payé, il faut gagner, et encore, cela ne suffit pas selon l’Aindinois : « Les primes de résultat ne sont pas du tout à la hauteur de l’investissement qu’on peut mettre au quotidien, mais c’est la réalité. Notre sport ne rapporte pas. » Une problématique liée aux droits télés, qui sont inexistants dans son sport. « Aujourd’hui, je pense qu’il faut que tout le monde se réinvente, que l’Union Cycliste Internationale (UCI) réinvente un peu notre discipline pour que ce soit plus sexy. Parce que moi, je pense qu’on a un très gros potentiel télévisuel. Ça reste quand même très impressionnant » propose-t-il avant de continuer : « Il faut aussi qu’on coure plus, parce qu’au final, notre saison est vraiment très bizarre. On a les Championnats d’Europe en février, et les Championnats du monde en octobre. Entre temps, on a les Coupes du monde en mars et avril. Le calendrier est trop décousu, on ne court que quatre fois dans l’année. »

Des problèmes financiers inhérents à plusieurs disciplines

Un message qui fait écho à celui de la gymnaste tricolore Mélanie De Jésus Dos Santos qui a expliqué au micro de RTL n’avoir « plus rien » après les Jeux olympiques. Lâchée par ses sponsors, les médias, la Française a raconté la réalité des athlètes non-professionnels, seuls et abandonnés, en proie aux problèmes financiers. « Je vis chez mes parents, je n’ai pas les moyens de me payer un appartement pour l’instant » a-t-elle confiée également.

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« Aujourd’hui, je n’ai rien. » 🎙️ La gymnaste Mélanie De Jesus Dos Santos évoque ses difficultés après les JO, au micro d’Isabelle Langé dans OnRefaitLeSport, sur #RTL #france #sinformersurtiktok #sport #gym

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Une situation qui démontre bel et bien que l’élan promis après Paris 2024 s’est essoufflé selon Florian Grengbo, interrogé sur la situation de sa compatriote : « On revient à cet état initial, et c’est dommage qu’on n’arrive pas à garder cet héritage des Jeux olympiques. Mélanie De Jesus Dos Santos a perdu différents gros contrats, la question que je me pose, c’est est-ce qu’on doit se réinventer pour mieux garder ces contrats, pour arriver à les pérenniser ? »

Des solutions ?

Officiellement au chômage dans moins d’un mois, le cycliste ne se laisse pas abattre et cherche des moyens de replis pour pouvoir continuer à vivre de son sport avec comme objectif les JO de Los Angeles 2028. « À part le sport, parfois, je fais un peu de production audiovisuelle en tant que mannequin, mais aussi en tant que photographe vidéaste. Au-delà de ça, je suis en école de commerce. Donc j’assure aussi mon avenir. »

Finalement, le sportif de 25 ans propose une ultime solution pour mettre en avant sa discipline et pourquoi pas, faire changer la situation financière de ces athlètes sans statut de sportif professionnel. « Aujourd’hui, être influenceur, ça rapporte bien plus qu’être sportif. Alors, jouons de cette case-là, on a cette chance de pouvoir raconter des belles histoires. Donc, utilisons-le, non pas pour nous vendre, mais pour vendre notre histoire et derrière, refinancer notre sport. »

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Adrien Débias Saïd

© – Florian Grengbo

2 réponses à « Cyclisme : « On doit se réinventer en tant qu’athlète » : Florian Grengbo et la réalité financière des athlètes français »

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