Le 30 mars dernier est sortie la cinquième saison de J’irai dormir chez moi, intitulée Breizh Iles. Son réalisateur, Robin Aussenac, et le surfeur Ian Fontaine, se livrent sur le surf, le travail de l’image, sans oublier bien sûr, la Bretagne.

Organiser un projet d’une telle ampleur demande beaucoup d’implication et une organisation bien ficelée. « C’est 45 minutes de film cette année, mais ça représente des mois de travail », précise Ian. Il ajoute : « On a aussi la volonté que ça reste à petite échelle. Ça prend beaucoup de temps et d’énergie à organiser, mais c’est avec plaisir à chaque fois. Je préfère ne pas le faire, que de le faire pour de l’argent. C’est avant tout un projet entre copains. »

Ce choix de liberté se retrouve dans le choix des partenaires. « Ce projet est un peu spécial car on n’a pas de sponsors de surf, donc on peut avoir plusieurs surfeurs sans contrainte. » Il poursuit : « Quand on va chercher les sponsors, on toque à la porte de partenaires qui nous plaisent. On arrive avec un concept et des valeurs, le but c’est qu’ils respectent cela en amont. C’est un échange entre deux identités. »

Extrait de J’irai dormir chez moi saison 5 / image : Robin Aussenac/Hugo Aussenac

Parmi ces valeurs communes, le respect de l’environnement est un principe central. « L’objectif est de réduire au maximum les émissions de gaz à effets de serre. Ça fait partie de notre éducation et de notre culture. Dans le projet, le moyen de transport est la base de cet engagement. L’objectif était de regrouper toute la logistique dans un seul espace mobile, et le bus était parfait pour ça. »

La Bretagne : entre reconnaissance et préservation

Si rester en Bretagne est un moyen de redécouvrir la maison, c’est aussi un moyen de s’aligner sur ces valeurs environnementales. Les trips à longue distance ne sont plus à l’agenda de Ian : « Faire 6 000 km pour être sur un spot et que les vagues ne sont pas au rendez-vous, c’est un truc que j’ai fait et que je ne referai plus à l’avenir. »

Prioriser cette région est aussi un moyen de mettre en avant les talents locaux. Pendant longtemps, les Bretons ont été sous-valorisés au niveau des sponsors. Le développement de projets tels que J’irai dormir chez moi a contribué à en faire une région majeure de la scène surf. « Je pense que c’est mieux qu’avant. Ça a été un travail de longue haleine, mais il reste une grosse marge de progression. Il faut continuer à pousser les portes et à motiver les jeunes générations à se faire connaître. On a des talents en Bretagne qui ne sont pas représentés à leur juste valeur. »

Extrait de J’irai dormir chez moi saison 5 / image : Robin Aussenac/Hugo Aussenac

Mettre la Bretagne à l’image, certes, mais pas n’importe comment. « C’est aussi important de garder un certain secret sur les conditions, sur les spots, pour qu’on puisse continuer à surfer. C’est un des enjeux importants des quinze prochaines années. » affirme Ian.

Aujourd’hui, plusieurs spots bretons sont déjà bien connus comme la Torche, la Palue, Guidel ou Quiberon, mais de nombreux restent encore confidentiels. En effet, surfer en Bretagne nécessite une fine connaissance des côtes et une bonne dose de motivation. Ian confirme : « On a des bonnes vagues, des vagues bien fun, mais on a pas de vague internationale. Les vagues qu’on va surfer ne font pas rêver tout le monde. » 

Certaines précautions doivent ainsi être prises pour ne pas donner trop d’informations à l’image sur l’emplacement des spots. « Par principe, on ne cite pas les lieux, on ne donne pas de noms, on ne donne pas de dates. Sur le dernier projet, on a galéré pour aller sur les îles, trouver des ferries, connaître les conditions. Le froid, c’est toujours un peu une mission. On essaye de garder ça au montage et de montrer que ce n’est pas facile d’accès. Il ajoute : Après, ceux qui connaissent vont reconnaître quoi qu’il arrive. On aura toujours des remarques, ça c’est sûr. Les gens ont du mal à faire la part des choses entre ce qu’on a fait et ce qu’on aurait pu faire. »

Extrait de J’irai dormir chez moi saison 5 / image : Robin Aussenac/Hugo Aussenac

Des valeurs qui se partagent 

Si l’équipe tient à cœur de partager ses valeurs avec les sponsors, elle souhaite aussi le faire avec le public. Ainsi sont organisées des projections à Brest, Penmarc’h et Perros-Guirec. « Le fait que des personnes fassent la démarche de venir voir le travail qu’on prépare depuis des mois, c’est la consécration ultime avoue Robin. De pouvoir rencontrer les gens, avoir les retours, voir les émotions que ça donne aux gens, ce n’est pas pareil que de voir des commentaires ou des likes. »

Au-delà de simples projections, ce sont de véritables moments de partage. Ian y accorde une attention particulière : « Il y a ce souhait de partager la projection avec des gens et de réunir la communauté surf. On est parti sur le concept d’en faire une soirée et de faire bosser des potes surfeurs sur les événements. Cette année, on est accompagné du groupe LEEX, dont le bassiste est l’un des premiers potes surfeurs de mon grand-frère. On est très content de vivre ces moments. »

Robin Verrier

© – Extrait de J’irai dormir chez moi saison 5 / image : Robin Aussenac/Hugo Aussenac

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