À l’occasion de la cinquième journée de Ligue 2, l’USL Dunkerque recevait ce vendredi soir le Clermont Foot au stade Marcel-Tribut. Au terme d’un match riche en occasions mais frustrant en réussites offensives, les Maritimes concèdent le nul à domicile (1-1) et ne parviennent toujours pas à (re)lancer la machine.
Deux défaites de suite après deux performances convaincantes dans le jeu, c’était le moment de réagir pour les hommes d’Albert Sánchez face au Clermont Foot. Une réaction qui devait, de plus, se faire sans leur patron d’attaque, Thomas Robinet (15 buts en Ligue 2 la saison dernière), parti dans les dernières heures du mercato au FC Nantes pour seulement 1,5 million d’euros. Une perte inattendue, non remplacée, qui laissera des traces à Dunkerque.
La force collective Dunkerquoise
Mais l’USLD a un atout très fort dans sa manche : son collectif. Malgré le départ de nombreux joueurs, pour certains très importants, le projet de jeu est toujours en place, ce qui leur permet de toujours suivre cette boussole. Le début de match face à Clermont en est l’illustration. Les Dunkerquois paraissent beaucoup mieux organisés et plus inspirés avec le ballon. Les Clermontois, eux, se cherchent davantage.
Conséquence : des trous béants dans leur défense, mais aussi et surtout dans leur milieu de terrain qui semble totalement dépeuplé. Il n’en fallait pas plus à Alan Linguet pour s’y engouffrer. Le latéral droit de 27 ans s’est régalé toute la première mi-temps, enchaînant percées, feintes et une-deux (20e, 28e). Après une énième percussion sur son côté fétiche, il est passé très près d’inscrire un but de haute voltige — sa frappe ayant été contrée in extremis par le défenseur Yoann Salmier (30e).
Dans cette première mi-temps assez largement dominée et maîtrisée par Dunkerque, la pépite parisienne Khalil Ayari a aussi été de ceux qui ont profité de ces espaces. Pour sa première titularisation, il a donné le tournis aux Auvergnats, surtout en début de rencontre (2e, 7e), au point que Julien Astic a été contraint de le ceinturer et de logiquement écoper d’un carton jaune pour calmer les ardeurs du jeune international tunisien très tôt dans la partie (9e).
Mine de rien, Clermont subit, mais résiste aux offensives des Nordistes. Les protégés de David Guion parviennent même à se procurer quelques occasions, dont la sublime passe cachée d’Ousmane Diop pour Adrien Hunou qui manque son face-à-face contre Moha Ramos (22e). Le couperet finit par tomber, sur coup franc. Alors que le portier clermontois Theo Guivarch est toujours en train de placer son mur, accroupi à son poteau droit, Adrien Lebeau a la malicieuse idée de décaler le ballon pour son capitaine Opa Sanganté qui envoie une lourde frappe à l’opposé (1-0, 38e). Tout le monde est surpris, y compris l’arbitre, mais le but est bien validé.

© – @manaypix
Dunkerque stagne, Clermont en profite
On aurait pu croire que l’orgueil des Clermontois, chamboulés pendant 45 minutes, leur remettrait la tête à l’endroit. C’était sans compter sur une équipe dunkerquoise avide de succès, malgré un manque terrible de justesse dans le dernier geste.
Un manque à la limite de la faute professionnelle lorsque Adrien Lebeau saccage la contre-attaque parfaite, à 4 contre le gardien (60e). Il a préféré offrir le but à son coéquipier, assurer le coup, mais Theo Guivarch avait tout lu et s’empare du ballon. Quelques minutes plus tard, le feu follet Ayari, encore et toujours lui, passe tout proche du but de la semaine en se jouant de toute la défense avant d’envoyer une enroulée limpide juste au-dessus de la lucarne (63e).
Ce qui devait arriver arriva. À force d’échouer à inscrire le 2-0, de buter sur Guivarch, de manquer le cadre, Clermont égalise. D’un but aussi inattendu qu’inexplicable. Vital Nsimba, oublié sur son côté gauche, centre fort au premier poteau et trouve par hasard la main de Christ Okou pour crucifier les locaux (69e). Trop dur à voir à vitesse réelle, et sans la VAR, l’arbitre est contraint de valider le retour au tableau d’affichage des Auvergnats. Puni par leurs pieds tremblants, Dunkerque s’engouffre tête basse dans un match piège.

© – @clermontfoot / @biig_san
Albert Sánchez reconnaît « la précipitation » de ses jeunes joueurs face au but. « Il y a une relation directe entre la confiance et l’efficacité », rappelle-t-il, en leur accordant du temps pour engranger du sang-froid dans la surface de réparation adverse.
Christ Okou aurait pu enfoncer le clou, lui qui marche sur l’eau en cette fin de match, mais tout reste à faire à l’approche du money-time.
Si la gestion des offensives dunkerquoises étaient jusque là catastrophiques, les suivantes sont pires. Une panique totale, sans leader pour donner le tempo et rassurer les troupes malgré les premiers minutes sous le maillot maritime du champion du monde Steven Nzonzi.
Les entrants font le plus grand bien à Dunkerque. D’un contrôle orienté magique, Soulemayne Keita décale Pape Dieng qui se fait pousser dans le dos alors qu’il s’apprêtait à libérer le stade (88e). Intervention régulière selon l’arbitre. Lessivés, les Dunkerquois doivent se contenter du match nul au coup de sifflet final.
Dunkerque encore au point mort
À l’image de leur début de saison, le résultat n’est pas à la hauteur de la qualité du jeu proposé. Dunkerque aurait pu, aurait dû terminer sereinement cette cinquième journée avec trois points supplémentaires. Au lieu de cela, les Nordistes stagnent à leur dixième place provisoire et perdurent dans leur spirale négative avec leur quatrième match consécutif sans victoire.
« C’est une immense déception. On a la sensation d’avoir perdu deux points mais je reste positif. Nous devons rester calmes et continuer à travailler. On attend encore deux ou trois renforts », concède le technicien espagnol.
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